Quelques mots sur les dernières sorties des salles obscures...


vendredi 18 septembre 2009

Away we go, ou les noces belles

Alors que de grandes tragédies viennent secouer le monde (entre autres la mort de Patrick Swayze), Sam Mendes a fait un petit tour à Paris pour présenter son nouveau film Away we go. On peut s'attendre à tout avec Sam Mendes. Après l'ironie cynique d'American Beauty et le renoncement tragique des Noces Rebelles, voilà qu'il nous offre un film frais et touchant. Dans Les Noces Rebelles, Sam Mendes a dû mettre en scène un couple enfermé dans sa routine et aux vieux rêves oubliés au fond d'un placard. Pour digérer la réalisation de ce drame, il a décidé de retourner le sablier. Dans Away we go, c'est une bouffée d'optimisme que l'on se reçoit en plein visage... et c'est drôlement agréable!
Burt et Verona s'aiment. Verona tombe enceinte. Ils réalisent alors qu'ils n'ont aucune attache et qu'ils aimeraient trouver un foyer, un chez soi douillet et confortable où installer cette nouvelle petite famille qui s'annonce. Away they go donc.
Sam Mendes nous offre ici beaucoup de tendresse et de rire. A chaque étape de l'itinéraire, le couple, formé par les peu connus mais très talentueux acteurs John Krasinski et Maya Rudolph, rencontre de nouvelles familles. Ils comprennent ainsi peu à peu le type de foyer qu'ils veulent former. Une jolie quête donc, parsemée de quelques clichés familiaux mais tellement bien présentés et interprétés qu'on se laisse emporter dans ce voyage. Pas de panique cependant pour la préparation de vos bagages. Away we go débarque dans vos salles le 4 novembre.

dimanche 13 septembre 2009

A Deriva, ou comment Vincent Cassel se met dans la peau d'un Brésilien

Juste pour la curiosité de voir Vincent Cassel parler Brésilien pendant 2 heures, j'ai voulu aller jeter un œil au film A Deriva, présenté à Cannes dans la sélection Un Certain Regard.
Une famille brésilienne passe ses vacances à la plage. Des vacances pas très heureuses, vu que Filipa, la fille aînée de la famille, découvre que non seulement ses parents enchaînent dispute sur dispute, mais que son père trompe sa mère. Ressentiments, colère, confusion... Filipa en veut à son père. Jusqu'à ce qu'elle comprenne vraiment la situation...
Le sujet, à la base, ne m'inspirait que très moyennement. L'histoire d'une famille déchirée et de ses petits et gros tracas... à cela, ajoutez l'éveil des désirs d'une adolescente... et vous obtiendrez comme un air de déjà vu. Et pourtant on retrouve dans A Deriva une signature assez unique en son genre. Peut-être grâce à l'ambiance intimiste, sensuelle et décomplexée. Ou grâce aux tons bleus et ocres des images. Ou tout simplement grâce à l'accent voluptueux de Vincent Cassel. Bref, un film qui change du cinéma brésilien qui nous a trop habitués à présenter la violence des favelas, et qui arrive cette fois à dessiner un tableau plus sensuel et langoureux. Ne reste plus qu'à se laisser porter par la vague...

jeudi 10 septembre 2009

Ma vie pour la tienne, ou comment Little Miss Sunshine aimerait garder ses rayons de soleil plutôt que de les céder à sa soeur

Voilà typiquement le genre de films que l'on va voir en sachant pertinemment que l'on va sangloter tout le long. Parce qu'il s'agit tout simplement d'un gros mélodrame.
Kate est atteinte de leucémie. Sa sœur Anna a été conçue pour être parfaitement compatible génétiquement avec elle et donc pouvoir lui donner globules, reins, sang et consorts. Jusqu'au jour où Anna, 11 ans, engage un avocat pour obtenir son émancipation médicale et ne plus avoir à subir ces trop nombreuses et douloureuses opérations.
Ce nouveau long métrage de Nick Cassavetes soulève une question assez sensible: Jusqu'à quel point peut-on sacrifier un enfant pour un autre? Les acteurs sont touchants. Pas de parti pris manichéen. Chacun a ses torts et ses raisons.
On reste tout de même dans les clichés du mélo, avec des situations et des musiques bien choisies pour nous tirer les larmes des yeux. J'ai été déçue par le dénouement, qui simplifie et détruit d'un coup d'un seul la problématique soulevée par le film. Le casting est tout de même joliment uni, et la construction multi-narrative bien choisie. Attention! Mouchoirs indispensables!

samedi 5 septembre 2009

(500) jours ensemble, ou comment mettre 500-299=201 jours pour se remettre d'une relation de 299-20=279 jours

Bon cette fois, ce sera un peu en avance que vous aurez la critique de (500) jours ensemble, vu que le film sort le 30 septembre dans les salles. Mais on va dire que c'est la faute au Festival de Deauville, qui a commencé hier, et où (500) jours ensemble est présenté.
Tom vient de se faire quitter par Summer. Il pensait que c'était l'amour de sa vie. S'ensuit une petite rétrospective amoureuse de leur relation, puis un bond en avant vers le rétablissement sentimental de Tom.
Au premier abord, l'histoire n'a pas l'air bien folichonne. Et pourtant! Comme l'indique l'affiche "This is not a love story, it is a story about love". Eh bien voici la plus belle histoire de rupture que je n'ai jamais vue! Déjà, cela change des happy endings des romcoms. De plus, le film arrive à être joliment drôle et créatif, sans aucun ton pleurnichard ou mélodramatique. Marc Webb a réussi à construire son premier long métrage de manière rythmée et colorée et se présente comme une jolie rétrospective de comment une relation ne marche pas forcément, du jour (1) au jour (500). Un seul léger bémol sur la grosse voix off (vous savez, un peu la même voix off que l'on entend dans les bandes-annonces de films d'action américains) qui détonne dans la légèreté du reste du film. Mais cela ne gâche pas pour autant le plaisir que l'on a à suivre le couple formé par Zooey Deschanel et Joseph Gordon-Lewitt, tout cela sur une bande-son joliment choisie.
Dommage que le titre original ait été sauvagement traduit, vu qu'à l'origine, il cache un petit jeu de mots. Allez donc vivre (500) days of Summer, dans les salles le 30 septembre...

lundi 31 août 2009

Sri Lanka National Handball Team, ou The European Dream

Vu que la plupart des films que j'attendais pour la rentrée ont décidé de ne sortir qu'en 2010 (I love you Phillip Morris reporté à février 2010; Shutter Island reporté à mars 2010), je dois noyer ma frustration dans une ivresse cinématographique... Après une gorgée de Tarantino et une autre d'Audiard, voilà que je m'attaque à des saveurs un peu plus exotiques... et une gorgée srilankaise, une!
Sri Lanka National Handball Team raconte comment un groupe de Sri Lankais, cherchant désespérément un moyen d'obtenir un visa pour l'Allemagne, va créer une fausse équipe de handball pour pouvoir enfin partir... Voici une drôle d'histoire qui est pourtant bel et bien vraie!

Au premier abord, le sujet me rappelait vaguement Rasta Rockett... mais si, souvenez-vous, cette histoire de Jamaïcains qui forment une équipe de bobsleigh pour participer aux J.O.! Mais ici le sujet va plus loin et délivre un message plus fort. Le réalisateur Uberto Pasolini, à la base connu pour son travail de producteur, notamment du film The Full Monty, montre que la comédie sociale est son dada. Il réussit à blâmer une politique d'immigration un peu rude et à présenter les problèmes qu'engendre la diversité ethnique du Sri Lanka
sur un ton léger. Drôle et touchant à la fois, le résultat est réussi.
Ironie du sort : certains acteurs (essentiellement des non-professionnels) se sont enfuis lors du tournage en Allemagne! Eux aussi ont eu envie de vivre leur 'Rêve Européen'...

jeudi 27 août 2009

Un prophète..."L'essentiel en enfer est de survivre" - Michel Audiard

Ça y est! J'ai reçu ma claque de la rentrée. Et une sacrément violente!
Il faut dire que quand on s'appelle Jacques Audiard, avec un papa du nom de Michel Audiard, forcément, le talent cinématographique ne peut être que dans le sang. Et alors que le papa était connu pour ses dialogues cultes, le fils sait manier les images comme les mots. Si on regarde sa filmographie, on note d'ailleurs que chacun des films qu'il a réalisés a été récompensé soit à Cannes soit aux Césars. Un prophète a reçu le Grand Prix au dernier Festival de Cannes.
Malik, 19 ans, doit purger une peine de 6 ans de prison. Il est très vite mis sous la protection de César Luciani, chef du gang des Corses. En échange de sa protection, il devient le larbin des Corses et doit répondre à tous leurs ordres, du ménage au meurtre. Peu à peu, il s'instruit, mûrit et prend de l'indépendance en gardant à l'esprit un seul objectif : sa survie.
Le monde carcéral n'avait jamais été dépeint de façon aussi brute et crue. Le duo N
iels Arestrup - Tahar Rahim fonctionne terriblement bien dans cette relation de quasi maître à esclave. Malik assure son avenir même s'il subit son présent. Et c'est là que le sujet est fort. On assiste à son ascension progressive, à la force dont il fait preuve, d'aussi bas qu'il parte. Et même si l'on reste enfermé durant 2h30 entre les 4 murs d'une prison, Jacques Audiard réussit à nous faire voyager dans l'esprit de Malik, entre réalité et phantasme.
Un très beau film, superbement interprété. Un prophète est un de ces films qui vous prend aux tripes, rude mais ponctué d'une note d'espoir...

mercredi 26 août 2009

Inglorious Basterds, ou comment sortir d'une séance ciné pas si glorieuse que ça

Depuis le temps que je vous rabâche les oreilles avec Inglorious Basterds, voilà qu'au final je suis un brin déçue... arg!
Les Basterds, c'est une armée anti-nazie dirigée par le Lieutenant Aldo Raine, un Ricain un peu rustre, qui scalpe du nazi à volonté. Un complot est organisé pour faire tomber les têtes du 3ème Reich invitées à une avant-première, dans un petit cinéma parisien détenu par la jeune Shosanna Dreyfus.
Je m'attendais à un nouveau Pulp Fiction de Quentin Tarantino. A des dialogues savoureux, pleins de cynisme, d'ironie et de dérision. Loupé. C'est vrai que Brad Pitt et Christoph Waltz jouent des personnages assez uniques en leur genre. Entre la bêtise grossière de l'un et la folie sadique de l'autre, on se régale. On comprend d'ailleurs pourquoi Christoph Waltz, un acteur de séries allemandes encore inconnu au bataillon (excepté pour les fans de Derrick), a eu le prix d'interprétation masculine à Cannes. Mais le scénario manque de répliques piquantes et remarquables, et de grosses longueurs diluent ces 2h30 sanguinolentes. Le style des images et des prises de vue est bien plus fourni que les dialogues. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la façon de présenter un film de genre pseudo-historique en pseudo-western. Cela lui donne du coup un ton unique. Aldo Raine apparaît comme un véritable cow-boy revanchard, tout cela rythmé par des musiques d'Ennio Morricone, le compositeur en titre des bandes originales de westerns spaghetti.
En tous les cas, j'aurais peut-être préféré voir la version du film présentée à Cannes, d'environ 20 minutes plus courte que celle actuellement en salle.

lundi 24 août 2009

9, du neuf dans l'animation

Allez! Hop hop hop! Rentrée de vacances! Finis les plages et les cocotiers, retour aux voyages cinématographiques! Même si le soleil n'y est pas, il y a toujours moyen de se dépayser, non?
J'avoue... voici tout simplement le SOS d'une vacancière en détresse...
J'ai donc décidé de lutter contre le jet lag ambiant et de filer devant une toile pour oublier la fin des vacances. Fatigue oblige, je n'ai pas voulu m'attaquer de suite à Inglorious Basterds et ai préféré attendre d'être fraîche et dispose avant de le visionner. J'ai donc misé sur 9, un film d'animation réalisé par Shane Acker, un petit nouveau dans le domaine, et produit par Tim Burton, maître en la matière d'animation 'noire' après son Etrange Noël de Mr Jack. On comprend d'ailleurs pourquoi Tim Burton a parié sur 9.
Alors que la Terre a été ravagée par des machines très mal intentionnées, un inventeur a créé 9 petites créatures de toile et de chiffon. Le n°9 va entraîner ses collègues dans une croisade contre ces grosses vilaines machines pour les sauver et sauver le globe.
Les animations sont d'une très grande finesse et précision. Les dialogues ne prennent pas beaucoup de place, laissant les images parler d'elle-même. Le scénario est cependant un peu trop simple et le sujet, assez sombre, oscille entre jeu de massacre et science fiction. Un film à déconseiller aux plus jeunes
même si on parle ici d'animation. Au final, pour les plus grands, les animations valent tout de même le détour, tout cela accompagné d'une musique arrangée par Danny Elfman... oui oui, le Danny Elfman, compositeur attitré de Tim Burton.
Et une rentrée parisienne bercée par le son de la voix d'Elijah Wood n'est jamais une perspective désagréable pour mes petites oreilles!

vendredi 7 août 2009

En attendant la rentrée...

Et voilà que je vous abandonne une fois de plus, et pour 2 semaines cette fois! Alors en attendant les prochains articles et si vous êtes à Paris pour la fin de l'été, n'hésitez pas à profiter du Festival de Cinéma au clair de lune jusqu'au 23 août (programme ici) ou encore des dernières séances du Festival de Cinéma en plein air jusqu'au 16 août (programme là). Et pour les plus mélomanes d'entre vous, allez donc vous prélasser sur le Parvis de l'Hôtel de Ville et profiter des concerts gratuits du Festival Fnac Indétendances (programme ici ou là).
Je vous laisse avec la bande annonce d'Inglorious Basterds, dans vos salles dès le 19 août... petits veinards!! Excellent mois d'août!

Soie, ou comment passer d'un roman soyeux à un film un peu rêche

J'avoue que je suis entrée dans la salle avec moults préjugés. J'avais été transportée par le roman d'Alessandro Baricco. Pour la pureté et la pudeur de l'écriture qui rend l'histoire d'amour d'autant plus belle et sincère. Au visionnage de la bande-annonce, j'avais très peur que le roman ait été transformé en histoire d'amour mielleuse et mélo-dramatisée.
L'histoire : vers 1860, Hervé Joncour part en mission au Japon pour y acheter des oeufs sains et sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie. Il y rencontre une femme mystérieuse qui fait naître en lui désir et émoi. Chez lui, l'attend Hélène, son épouse, qu'il aime d'une grande douceur et profonde tendresse.
En fait, le réalisateur François Girard a décidé de beaucoup miser sur les silences et les sous-entendus. D'où un scénario pas mal ficelé à partir d"un livre qui préférait justement suggérer les sentiments plutôt que de les décrire. J'ai pourtant eu un petit souci... Lequel? Le casting. Je n'ai vraiment pas réussi à me débarrasser de l'image que j'ai de Michael Pitt et Keira Knightley. Enfin surtout Michael Pitt. Ce dernier m'a toujours donné une image d'ado boudeur aux cheveux gras qui écoute du hard rock et snife de la coke en cachette. Quand à sa partenaire, elle me donne toujours l'impression de jouer un rôle de fausse ingénue. Et ces deux profils ne collent pas du tout aux deux protagonistes de Soie. Le film a du coup un petit quelque chose qui sonne faux.
J'aurai quand même versé ma petite larme à la fin. Je vous conseille tout de même vivement de parcourir les quelques 150 pages du roman qui se dévorent très vite.