Quelques mots sur les dernières sorties des salles obscures...


dimanche 14 novembre 2010

Welcome to the Rileys, ou Bienvenue Chez Vous

Le pitch: Doug et Lois Riley ont perdu leur fille il y a un petit bout de temps. Doug doit se déplacer à la Nouvelle-Orléans pour son travail. Il y fait la connaissance de Mallory, une adolescente stripteaseuse, et veut à tout prix l'aider.
Voilà un film simple, léger, même si le pitch annonce à la base une histoire plutôt noire. Seule ombre au tableau: Kristen Stewart, qui donne un ton un peu trop mélo au film, rendant le scénario bien plus lourd qu'il ne l'est. Je n'arrive décidément pas à me faire à son jeu d'actrice. Après son rôle de pseudo rockeuse dans 'Les Runaways', son personnage ici de jeune à la dérive tombée dans la prostitution sonne faux. Son minois d'ado fraîche et naïve ressort malgré le maquillage. Les deux autres personnages, interprétés par James Gandolfini et Melissa Leo, sauvent le film de la caricature et ajoutent une petite touche d'humour. Le personnage de Lois Riley évolue très joliment tout le long du film, et le couple formé par les deux acteurs sonne sincèrement juste. En bref, un film agréable à regarder mais qui ne marquera pas les mémoires. En attendant, je vais peut-être finir par me pencher sur la saga filmique 'Twilight', juste histoire de vérifier que Kristen Stewart peut au moins me convaincre dans ce registre...

Potiche, ou tant va la potiche à l'eau qu'à la fin elle se barre

Eh oui, me revoilà devant un film de François Ozon. Pas totalement de mon plein gré, mais j'avoue m'être laissée faire. C'est que je pourrais presque me qualifier d'anti-Ozon, ayant été trop déçue par la majorité de ses films. Au final, je sors de la séance assez partagée.
Le pitch: Années 70. Suzanne Pujol, épouse de Robert Pujol, fait un peu office de potiche chez elle. Jusqu'au jour où Robert, DG d'une fabrique de parapluies, est séquestré par ses employés. Monsieur part en cure de repos et Madame prend les rênes de la société. C'est quand Monsieur rentre de sa cure que la situation se complique.
Ce nouvel Ozon ne fait pas partie de la famille de '5x2', de 'Swimming Pool', ou du 'Temps qui reste'. Une famille de films un peu malsains, un peu torturés. 'Potiche' fait partie de la famille de '8 femmes'. Un film coloré, moqueur et complètement kitschoune. Seul petit bémol: cette adaptation a gardé un ton un brin trop théâtral. Au bout d'un moment, le jeu théâtral des acteurs combiné à la tonalité kitsch du film lui donne une dimension fausse et exagérée. On se divertit quand même grâce aux acteurs qui ne se prennent vraiment pas au sérieux, et grâce à quelques répliques bien croustillantes. Avis mitigé, même si je l'avoue, ce 'Potiche' pourrait être mon Ozon préféré.

jeudi 11 novembre 2010

Buried, ou Rest In Peace Paul Conroy

Voilà un film qui pourrait faire un brin peur lorsqu'on lit le pitch. 'Peur' dans le sens "Houla, encore un film expérimental qui ne va finalement rien donner à l'écran... Faites que mon siège ciné soit confortable...". Évidemment, moi je fonce quand même dedans la tête la première.
Le pitch du film en question est tout simplement l'histoire d'un homme enfermé dans un cercueil et enterré vivant. Comment est-il arrivé là? Va-t-il en sortir? Tout le film repose sur ces deux questions.
Pire qu'un huis clos, il fallait oser nous enfermer dans un cercueil avec le personnage principal pendant 90 minutes. Pari réussi! Ryan Reynolds dans le rôle de Paul Conroy, l'enfermé enterré, est époustouflant. Grâce à lui et grâce au scénario qui nous réserve surprises et rebondissements, on reste accroché à son siège pendant 90 minutes sans soucis. Tout est travaillé à la précision: les sons, les plans, la lumière. Bref, de quoi nous tenir en haleine. Bravo donc à l'Espagnol Rodrigo Cortés pour avoir osé et su réaliser ce film. Il est prévu pour quand votre prochain film, Rodrigo?

mardi 2 novembre 2010

L'Homme qui voulait vivre sa vie, ou la poursuite du bonheur

J'aime Romain Duris. Pas du tout pour son physique un peu sauvage et rugueux. Bon, d'accord, peut-être un brin pour cette raison. Mais je l'aime surtout pour son jeu d'acteur intense, parfois drôle, parfois tragique, parfois touchant.
Ici, Romain Duris est Paul Exben, un homme qui a tout pour être heureux: une femme, deux enfants, de l'argent, une belle maison, une très bonne situation professionnelle. Mais cette apparente réussite cache en fait beaucoup de soucis. Rien ne marche plus comme avant avec sa femme. Paul rêve d'autre chose. Sur un coup de tête, après un accident, il décide de changer d'identité, de fuir ses problèmes et de se réaliser, et ce contre beaucoup de sacrifices.
Librement adapté du livre écrit par Douglas Kennedy, le film d'Eric Lartigau est un film tant sur les sacrifices que sur l'accomplissement de soi.
Évidemment, dans le film, Paul va finalement pouvoir vivre de sa passion. Mais il reste prisonnier de l'identité qu'il a volée. L'histoire d'un changement de vie pas vraiment choisi. Le plan de Paul est bien trop prémédité pour paraître réaliste. Mais le scénario arrive tout de même à toucher grâce au jeu poignant et bouleversant de Romain Duris. A ses côtés, Marina Foïs montre qu'elle est une actrice tout aussi multi-facettes. Un film beau, plein d'émotion. A vivre.

dimanche 31 octobre 2010

The American, ou le battement d'ailes du Papillon

Le pitch: Jack est un tueur à gages sans aucune attache. Il doit réaliser une nouvelle mission en Italie. Malgré sa méfiance et sa prudence, il fait quelques maladresses en se liant avec des personnes du coin. Il décide alors que cette mission sera la dernière.
Je sors de la séance avec un avis mitigé. Je voulais absolument voir le film, non pas pour George, mais pour le réalisateur néerlandais, Anton Corbijn. Il faut dire que son film sur la vie de Ian Curtis, 'Control', avait fait du bruit, et du bon. Au final, je suis plutôt bien happée par l'ambiance sombre et tendue. Les musiques, la photographie, des plans fixes aux silences pesants... tout contribue à pousser le film toujours plus loin dans une ambiance bien noire, un peu à la façon du 'Parrain'. Un film ultra esthétique où le personnage de Jack est sans arrêt associé à un animal rare et traqué, grosses allusions métaphoriques à l'appui, entre autres un joli pseudo 'tramp stamp' tatoué dans le dos de notre ami George. Un schéma qui aurait pu être un peu moins prévisible, même si la scène finale m'a un brin surprise. Un film de genre qui aurait pu avoir un scénario un peu plus fin, même si le noir va si bien à George Clooney.

lundi 25 octobre 2010

Les Petits Mouchoirs, ou comment se moucher dans le sien à la fin d'une séance

Le pitch: comme chaque année, une bande de potes part en vacances au bord de la mer. Sauf que cette année, une personne manque au rendez-vous: Ludo, qui vient d'avoir un grave accident en scooter et qui a dû être gardé en soins intensifs dans un hôpital à Paris.
D'abord, que sont les petits mouchoirs? Ce sont les mouchoirs que l'on pose sur nos problèmes, pour mieux les cacher et les oublier. Au cours du film, chacun des personnages va justement devoir soulever ces petits mouchoirs. Résultat réussi, malgré les 2h30 du film que l'on ne voit pas passer. Après avoir réalisé 'Mon idole', que j'ai nettement moins aimé, et
'Ne le dis à personne', un brillant film à suspense, Guillaume Canet revient avec une comédie dramatique, un film de potes, qui se révèle tout aussi brillant. Petits moments d'humour et d'amour, de coups de gueule et de sentiments, de souvenirs et de sourires... Émouvant, drôle, voilà un mélange qui prend bien, car on se retrouve forcément un peu dans le scénario. Il faut dire aussi que Guillaume Canet a rassemblé et dirigé une si belle brochette d'acteurs que la bande de copains paraît quasi réelle. En bref, voilà ce à quoi on aimerait que le cinéma français ressemble. Et ça fait drôlement du bien quand ça sort en salle.

jeudi 21 octobre 2010

Paranormal Activity 2, ou le mystère du robot de piscine

Le premier volume de 'Paranormal Activity' avait soulevé beaucoup de bonnes comme de mauvaises critiques. Certains l'avaient trouvé terrifiant, d'autres insignifiant. J'avoue que je fais partie de ceux à qui les films d'angoisse font beaucoup d'effet. Je vais donc voir le volume 2 de ces activités démoniaco-paranormales, histoire de vérifier que la formule marche toujours sur moi.
Ce film est en fait un prequel qui apporte un nouvel éclairage sur l'intrigue du premier 'Paranormal Activity'. Le couple que l'on suit ici est composé de la sœur de Katie, l'héroïne du premier 'Paranormal Activity', et de son mari. Comme dans le premier, le public se fait plaisir en sursautant devant les nombreux effets de surprise qui ponctuent le film, mais il comprend mieux cette fois le pourquoi du comment de ces invasions démoniaques. Une bonne surprise donc, car l'histoire n'est pas une simple resucée du premier. En bref, effet sur moi très réussi. J'en sors tout effrayée. Et comme évidemment j'ai eu la bonne idée de traîner ma sœur à la séance du soir, me voilà à rentrer chez moi en pleine nuit et à zieuter le moindre mouvement derrière moi. Un petit avertissement pour conclure: après 'Paranormal Activity 2', vous ne verrez plus les robots de piscine de la même façon...

mercredi 20 octobre 2010

Biutiful, ou la vita è beautiful

Enfin le nouvel Iñarritu! C'est que grosse fan du réalisateur je suis! Ou plutôt, j'étais une énorme fan du duo réalisateur-scénariste formé par Alejandro Gonzalez Iñarritu et Guillermo Arriaga. Mais voilà, après Babel, le couple artistique s'est séparé. Guillermo Arriaga a voulu faire son petit bonhomme de chemin en solo et a réalisé 'Loin de la terre brûlée' tout seul comme un grand. Donc forcément, quand Biutiful sort en salle, je suis à la fois impatiente et dans le doute. Comment Iñarritu va-t-il se débrouiller sans son ex-scénariste?
Le pitch du film: Uxbal est papa de deux enfants et survit entre trafic de clandestins et vente de ses dons de communication avec les morts. Il apprend alors qu'il a un cancer. Une nouvelle qui va le bouleverser et tout remettre en question. Notamment le devenir de ses enfants sans lui.
Le résultat mélange pas mal de genres. Entre fantastique et drame social, le film traite de beaucoup de sujets, avec au centre, l'acteur Javier Bardem dans le rôle d'Uxbal, au jeu sobre, mais du coup terriblement poignant. Quelque chose de très fort qui se dégage de cet acteur. Je ne parle pas seulement de son charisme, mais de cette force irrésistible qui se cache derrière son visage fermé. Il a d'ailleurs reçu pour ce rôle le prix de la meilleure interprétation masculine au dernier festival de Cannes. Pauvreté, maladie, clandestinité... tous les maux sont réunis dans ce film et lui donnent une tonalité bien sombre et pourtant très belle. Peut-être un brin long, parfois un scénario un peu hésitant, ce nouvel Iñarritu surprend, car bien différent de ce à quoi il nous avait habitué. Un film dur, mais qui vaut le détour. Rien que pour Javier.

vendredi 15 octobre 2010

The Social Network, ou comment Mark Zuckerberg est devenu CEO, bitch!

Eh oui! Un an après le bouquin 'The Accidental Billionaires', Facebook arrive sur grand écran, seulement 6 ans après sa création et 4 ans après son accès mondial. Il faut l'admettre: ce réseau social est devenu aujourd'hui un incontournable, pour les particuliers comme pour n'importe quel business, avec aujourd'hui plus d'un demi milliard d'utilisateurs!
Le film présente tout simplement comment
Mark Zuckerberg a développé le site, son approche, sa personnalité. David Fincher a habilement construit son film en mettant en parallèle la création du site et les procès menés contre Mark alors que le réseau communautaire prenait une ampleur mondiale.
Enfin le nouveau film de David Fincher! Petit warning tout de même: la première scène n'est pas facile à digérer! Un dialogue entre Mark Zuckerberg et sa copine, un échange filmé comme un match de ping-pong, champ-contrechamp à l'appui. Et pourtant cette scène a son importance car elle campe plutôt bien le personnage de Mark et ses motivations. Le film dans sa globalité est une jolie réussite et présente bien la success story Facebook, ou comment une idée peut prendre des proportions énormes, et dépasser l'ambition de ses propres créateurs. Côté acteurs, dommage que Fincher ait dû faire appel à Justin Timberlake pour rendre le sujet plus sexy qu'il ne l'était. Pas qu'il soit mauvais acteur, mais voir sa bouille discrédite un brin le scénario. Bravo cependant à Andrew Garfield dans le rôle d'Eduardo Saverin, acteur plein de finesse déjà vu dans 'Boy A'. Une bande son électro alléchante composée par Trent Reznor, un montage rythmé, une photographie pleine de contrastes, une signature esthétique so Fincher... Facebook addict or not, 'The Social Network' est à voir car définitivement dans l'air du temps. Comble de l'ironie: les acteurs principaux du film n'avaient même pas de compte Facebook avant le tournage du film! C'est maintenant chose faite!

dimanche 10 octobre 2010

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu, ou beaucoup de bruit pour rien

Voilà le dernier Woody Allen, encore une fois sans Woody Allen, mais paré d'une sacrée brochette d'acteurs: Naomi Watts, Antonio Banderas, Josh Brolin, Anthony Hopkins, Freida Pinto... de quoi se réjouir!
Le pitch: les parents de Sally, Alfie et Helena, viennent de se séparer après 40 années de mariage. Alfie, pris d'une peur soudaine de vieillir, veut refaire sa vie avec une bimbo. Helena tente d'oublier son chagrin en consultant une voyante, Cristal. Celle-ci lui prédit alors une rencontre avec un bel et sombre inconnu...
Le film ressemble à la patte habituelle du réalisateur: un croisement d'histoires sentimentales où les personnages s'inquiètent de grands tracas et de petites névroses. Woody Allen a une nouvelle fois troqué son New York chéri pour l'Angleterre. Simple, frais, parfois drôle, sans conclusion bien concluante, les non amateurs de Woody Allen, ou ceux qui n'ont aimé que 'Match Point' dans sa filmographie, n'aimeront pas ce nouvel opus allenien. Pour les fans des angoisses et babillages sans fin du réalisateur, vous aimerez sans doute Helena, personnage interprété par Gemma Jones. Prochain Woody Allen attendu dès l'année prochaine. Le film a été tourné dans notre Paris, sweet Paris. Toujours pas de Woody Allen dans la liste des acteurs, mais une Mme Sarkozy au générique, entourée de nos très Frenchies Marion Cotillard et Gad Elmaleh! Encore une belle brochette d'acteurs pour attirer les foules!