Quelques mots sur les dernières sorties des salles obscures...


samedi 21 mai 2011

Midnight in Paris, ou le bal des anachronismes

Le pitch: Gil et Inez, un jeune couple américain, sont en voyage à Paris. Gil rêverait de rester y vivre car Paris l'inspire pour l’écriture de son bouquin. Inez ne rêve que de sa future maison à Malibu. Gil se met à déambuler seul le soir dans les rues de Paris. Il se retrouve alors plongé dans une autre époque: les années 20... Une époque où il aurait aimé vivre.
Les derniers films de Woody Allen m'ont un brin ennuyée. Toujours le même type de personnages, le même ton, aucune surprise. Mais je dois bien avouer que ce petit dernier m'a fait penser à "La Rose pourpre du Caire", un de mes Woody préférés. De la romance, de l'humour et un Paris filmé avec beaucoup d'amour. Évidemment le personnage de Gil, interprété par Owen Wilson, est toujours un de ces personnages peu confiants, incompris et un brin torturés.
Mais il n'en est pas pour autant gonflant. Au final, "Midnight in Paris" apparaît comme un film simple, léger. Loin d'être le film de l'année, il n'en est pas moins bien agréable. Et les amoureux de Paris vont aimer la façon dont Woody Allen a su capter la douce essence de notre belle capitale.

vendredi 20 mai 2011

La Conquête, ou les Guignols de Sarko

Quand j'ai su qu'un certain Xavier Durringer réalisait un film autour de notre cher président Nicolas Sarkozy, j'étais assez enthousiaste. Je m'attendais à un film mordant, pertinent et dénonciateur. Erreur. Trop naïve, je suis.
Le film retrace la vie de Sarkozy de 2002 à son élection présidentielle en 2007. Il s'intéresse d'ailleurs plus à sa vie privée que professionnelle. Le scénario victimise Nicolas Sarkozy, en appuyant sur le fait que le héros présidentiel a réussi à gagner une campagne en pleine crise conjugale. Tous les autres acteurs politiques sont, eux, caricaturés. De Villepin en prend particulièrement plein la tête. Au final, le film apparaît comme une vilaine parodie du monde politique, voire même comme une longue émission des "Guignols de l'info" en chair et en os. Une mention spéciale tout de même à Bernard Le Coq dans le rôle de Jacques Chirac, qui a réussi à bien doser imitation, comédie et crédibilité. Pour le reste, je ne donne aucun mérite au réalisateur.

lundi 16 mai 2011

The Tree of Life, ou une nouvelle bonne raison pour boycotter le festival de Cannes

J'avais un seul souhait pour me réconcilier avec le festival de Cannes: qu'Almodovar gagne enfin la Palme! Raté... je suis donc officiellement fâchée avec Cannes...
Le pitch du gagnant 2011 : on suit la vie de Jack, de sa naissance à sa mort. Ou plutôt de sa mort à sa naissance. Il grandit avec ses deux frères, et est élevé par une mère aimante et un père sévère.
Attention! Arnaque cannoise en vue. Sous ses airs de grande fresque familiale, le réalisateur invisible Terrence Malick nous plonge dans une réflexion psycho-religieuse. J'ai bien dû rester prostrée d'incompréhension pendant toute la première demi-heure du film. Du Big Bang aux premiers dinosaures, Terrence Malick a bien fait mumuse avec de jolies images de synthèse. Un complet hors-sujet. Le message? Je cherche encore. Quand "l'histoire" commence, j'avais déjà oublié que j'étais venue voir un film et non un documentaire scientifique. Le reste du film est très contemplatif, avec des plans dansant sur une musique omniprésente. En bref, un film très esthétique, avec quelques très belles images, mais qui devient vite ennuyeux. Trop d'onirisme tue l'onirisme.

samedi 14 mai 2011

L'Aigle de la 9e légion, ou le dernier Aigle d'Ecosse

Alors que ça s'agite sérieusement du côté de Cannes, j'essaie désespérément de tenir à jour mes séances ciné. L'oubli du renouvellement de mon abonnement à Première n'a pas vraiment facilité le schmilblick. Je suis donc allée un peu à l'aveuglette voir le nouveau film de Kevin McDonald, avec au casting Jamie Bell et Tahar Rahim.
Le pitch: l'Empire romain en 140 après J-C. Le père de Marcus Aquila faisait partie de la 9e légion, une légion disparue au nord de la Bretagne il y a plusieurs années. La rumeur court: l'Aigle d'Or que la 9e légion portait avec elle aurait été vu dans les terres du Nord, une région où personne ne s'aventure. Marcus décide alors de partir avec son esclave Esca à la recherche de l'Aigle et de rétablir ainsi l'honneur de son père.
Ce nouveau film du réalisateur du "Dernier Roi d'Ecosse" devrait plaire aux amateurs de péplum. Pas beaucoup de surprises, le film se résume à la quête du personnage de Marcus, interprété par Channing Tatum. Du muscle, de l'honneur et d'autres valeurs qui fleurent bon la testostérone sont venus remplir le scénario. Kevin McDonald a tout de même réussi à apporter une jolie esthétique au film, en donnant à l'image un aspect un brin vieilli. En bref, un film qui laisse peu de souvenirs.
J'ai quand même été bien contente de revoir la bouille méconnaissable de Tahar Rahim (oui oui, c'est bien lui sur la photo!), l’interprète du "Prophète". Hâte de le voir dans "Or Noir" de Jean-Jacques Annaud!

mercredi 4 mai 2011

Animal Kingdom, ou le livre de la jungle australienne

Attention! Arrêt vivement conseillé! Voilà un film pépite à aller voir!
Le pitch: Josh, 15 ans, vivant à Melbourne, vient de perdre sa mère, morte d'une overdose. Il se réfugie alors chez sa grand-mère, où vivent aussi ses oncles, une bande de criminels. Josh se retrouve alors embringué dans les affaires de ses oncles et va très vite devoir choisir son camp.
"Animal Kingdom" est un film dur, de ceux qui bouleversent. On suit Josh, un adolescent mêlé à des affaires criminelles à son insu et coincé entre sa famille pas très bien intentionnée, et des flics corrompus. On comprend vite le titre du film: "Animal Kingdom" raconte comment s'en tirer dans l'environnement criminel australien des années 80. Chacun pour soi. C'est la loi de la jungle. Josh comprend vite qu'il ne peut compter sur personne.
L'interprétation sobre et retenue de James Frecheville, dans le rôle de Josh, est brillante. Un film social sur la criminalité qui aurait pu avoir des airs de déjà-vu mais qui se détache remarquablement du lot. En bref, "Animal Kingdom" aura bien mérité le Grand Prix du Jury au dernier festival de Sundance. Bravo au réalisateur australien David Michôd!

samedi 23 avril 2011

Rabbit Hole, ou de l'autre côté du miroir

On parle pas mal de Nicole Kidman en ce moment, mais plus pour des raisons (chirurgico)esthétiques que filmiques. A tort, vu qu'elle fait un très beau retour avec Rabbit Hole.
Le pitch: Becca et Howie ont perdu leur fils depuis quelques mois. Ils vivent ce deuil et cette douleur chacun différemment, et les traversent par étapes. Howie se raccroche a un groupe de discussion. Becca se rapproche de Jason, l'adolescent qui a accidentellement renversé son fils.
"Rabbit Hole" est un film dramatique mais qui réussit à jouer sur le ton de l'humour, malgré la gravité du sujet. Nicole Kidman tient un rôle dramatique, mais pas larmoyant, qui a failli lui rapporter un Oscar. Elle et Aaron Eckhart interprètent très joliment et très simplement le couple Becca/Howie. L'approche du scénario est délicate, pleine de douceur, de dérision et de légèreté. On suit attentivement le deuil de Becca et Howie. Le réalisateur a glissé dans le film une très jolie mise en abyme grâce à la bande dessinée créée par le personnage de Jason. Un très beau film. Plongez-y.

Source Code, ou retour vers le passé

Le pitch: Colter Stevens, un soldat américain, participe à son insu à un procédé expérimental: il revit les 8 dernières minutes de la vie d'un homme, mort lors d'un attentat, et doit découvrir pendant ce laps de temps qui est à l'origine de cet attentat. En parallèle, Colter essaie de comprendre comment il est arrivé là.
Il faut avouer que la bande-annonce de "Source Code" n'était pas bien claire et ne permettait pas de savoir à quel genre de film s'attendre, entre action, fantastique et paranormal. On se rend finalement compte que le scénario est un bon mélange de tout ça, du moins, toutes les hypothèses sont permises. On ne comprend que très tard la situation dans laquelle Colter est fourré. De quoi tenir en haleine jusqu'au rebondissement ultime de l'intrigue. Le réalisateur Duncan Jones n'a pas hésité à saupoudrer le tout d'une pincée de réflexion éthique "jusqu'où peut-on aller pour choper du terroriste?". En bref, un film qui a des allures d'"Inception" en bien moins bon, mais qui reste efficace et divertissant.

mercredi 20 avril 2011

Mr Nice, ou l'itinéraire d'un enfant shooté

Mr Nice retrace le parcours d'Howard Marks, un Britannique qui a construit le plus important réseau de trafic de drogue, démantelé dans les années 70. Le scénario, rythmé entre comédie et drame, permet de suivre toute la vie du bonhomme, de ses premiers pas au démantèlement de son empire, et de mieux comprendre ses humeurs. Beaucoup de très bons acteurs que l'on ne voit pas assez sont venus illuminer le film, de Rhys Ifans à Luis Tosar, en passant par David Thewlis. Les images et les effets ont un rendu qui rappelle fichtrement l'esthétique des années 70, et nous plongent ainsi dans une atmosphère sacrément vintage. On pourrait peut-être reprocher au film sa longueur, même si le fait de caser toute une vie en 2h reste remarquable. Il aurait peut-être fallu pimenter le scénario d'un peu plus de surprises. Mais le style et le jeu des acteurs m'auront quand même suffi pour passer un très bon moment. Nice film!

lundi 18 avril 2011

Scream 4... Don't fuck with the original!

Comme à l'ancienne! Impossible de ne pas aller voir le dernier 'Scream' de la série, 15 ans après le premier. Mine de rien, la saga 'Scream' m'aura initiée aux films d'épouvante, même s'il s'agit ici de gentille épouvante.
Le pitch : 10 ans après les terribles meurtres commis par Ghostface, Sidney Prescott revient dans sa ville natale, Woodsboro, pour présenter son livre fraîchement édité. Elle y retrouve sa cousine Jill, l'ex-reporter Gale Weathers et le shérif Dwight Riley. Jusqu'à ce que d'étranges meurtres soient à nouveau commis. Ghostface serait de retour...
Le réalisateur Wes Craven a voulu nous offrir un 'Scream' avec les mêmes ingrédients qui avaient fait le succès de l'original : des meurtres bien dégoulinants et quelques effets de surprise. En bref, un film que j'aurais certainement adoré 10 ans plus tôt. Car il faut se l'avouer : ce type de film a tout de même bien plus de saveurs quand on est ado. Mais le fait de retrouver la même bande d'acteurs et le même ton, surfant parfois sur la dérision, était plutôt fameux. Wes Craven a même tendance à se moquer de lui-même, et des suites peu mémorables, 'Scream' 2 & 3, en casant la fameuse réplique "Don't fuck with the original". Un film à voir donc si vous êtes nostalgiques du premier 'Scream'.

mardi 12 avril 2011

The Company Men, ou comment travailler plus pour gagner moins

Le pitch : Bobby Walker a tout pour être heureux : une famille, une belle maison, une Porsche... En bref, il a réussi sa vie. Jusqu'au jour où son entreprise doit faire face à la crise économique et réduit ses effectifs. Bobby se retrouve sans emploi. Confiant au début, il perd peu à peu son assurance. Pendant ce temps, ses ex-boss et ex-collègues font eux aussi face à cette situation.
La crise aura fait couler beaucoup d'encre! Voilà un nouveau film autour de ce sujet. Mais "The Company Men" est un film optimiste aux allures de film pessimiste. Le film se veut moralisateur, après avoir présenté toutes les frustrations, désillusions et concessions professionnelles à faire dans un contexte économique bien dur. Peut-être un film un brin trop réaliste, qui nous rappelle des faits que l'on connaît déjà (trop), mais en même temps curieusement bien fait et plein de douce sincérité. Le réalisateur John Wells ne nous a pas réservé de grande surprise ni de mise en scène exceptionnelle. Il a su diriger de manière juste et sobre ses acteurs principaux, et en a fait toute la force du film. Attention quand même, ce film pourrait filer le bourdon à quelques chercheurs d'emploi découragés.