Quelques mots sur les dernières sorties des salles obscures...


dimanche 24 juillet 2011

Hanna, ou la rebelle au bois dormant

Saoirse Ronan est la découverte du moment. Du haut de ses 17 ans, elle a déjà épaté pas mal de monde dans le tragique "Lovely bones". La revoilà dans un rôle plutôt costaud: celui d'Hanna, une ado qui a grandi avec son père au fin fond d'une forêt. Ce dernier l'a entraînée à se battre et à se défendre, dans un seul but: la préparer à s'adapter et à survivre dans le monde extérieur.
Je préfère ne pas en dire beaucoup plus sur le film, à vous de le découvrir. Un thriller efficace, nerveux et électrique rythmé par une bande son dinguement bonne composée par les Chemical Brothers. "Hanna" impressionne grâce à son actrice principale qui a su donner à son personnage quelque chose de sauvage et d'insaisissable. Le reste du casting n'est pas des moindres: Eric Bana, Cate Blanchett, Tom Hollander... Au final, voilà un film rudement bien foutu, avec son esthétique propre, même si le sujet sent parfois un brin le réchauffé.

samedi 23 juillet 2011

Chico & Rita, ou le blues de la Havane


Voilà une jolie histoire d'amour au parfum de Cuba. Le pitch: Cuba, fin des années 40. Chico est pianiste. Rita est chanteuse. Ces deux-là vont passer leur vie à s'aimer, se quitter et se retrouver.
"Chico & Rita" est un film hispano-britannique mêlant charme et volupté. Sur un air de jazz, de mambo et de romance, il retrace l'histoire et l'évolution de la musique cubaine, et s'inspire de la vie du musicien Bebo Valdés. L'histoire d'amour entre Chico & Rita est ponctuée de drames, de jalousies et d'autres complications mais est sincèrement touchante. Un film musical et animé peut-être un brin lent. Les dessins frôlent parfois l'esquisse. Un style singulier et coloré, parfois un brin maladroit, qui nous plonge tout de même dans un univers envoûtant créé par le réalisateur Fernando Trueba et le dessinateur Javier Mariscal. Difficile de ne pas tomber sous le charme de cette ambiance chaudement latine, rythmée de sons suaves et fiévreux.

Les Contes de la Nuit, ou les contes du père Ocelot

"Les Contes de la Nuit" est typiquement le genre de film à voir pour se rafraîchir la tête et retomber en enfance le temps d'une séance. Simples, naïves et enchanteresses, les histoires de Michel Ocelot bercent et font rêver à la fois. Même principe que "Princes et Princesses": une succession de contes aux univers variés. On suit avec attention les silhouettes noires des personnages découpées façon 'ombres chinoises' dans des décors hauts en couleurs. Les contes nous baladent d'un monde à un autre, toujours aussi magiques et flamboyants. Seul petit bémol: les voix parfois un brin monotones. Un film pour tout petits et très grands qui donne bien envie de croire aux contes de fées.

jeudi 21 juillet 2011

Harry Potter et les reliques de la mort - partie 2, ou Hogwarts contre-attaque

Ce qui devait arriver arriva: voilà le dernier Harry Potter de la série de films. Événement assez douloureux, je dois l'admettre, car ayant lu les bouquins, les films m'avaient permis de revivre un brin toute la saga. Alors quand les films se terminent à leur tour, eh ben c'est la déprime!
Dans ce volet, la chasse aux Horcruxes continue, et tout Hogwarts se joint gaiement à Harry pour vaincre Voldemort et son armée.
Je vous l'avais bien dit la dernière fois: ce volet se révèle bien moins longuet que le précédent et rempli de tout plein de rebondissements. Je me suis même surprise à verser une petite larme! Pas grand chose à reprocher au bouquet final Potterien. Divertissant, fidèle à la dimension dramatique du bouquin... voilà 2h10 que l'on ne voit pas filer! Petite déception sur les dernières minutes du film qui se déroulent quelques 19 années plus tard, et où l'on aperçoit nos jeunes héros sur-maquillés. On se laisse tout de même bercer par la magie de Harry Potter jusqu'au bout.
Et comme j'aime à montrer l'évolution des acteurs de la saga, que l'on a connus jeunes et joufflus, voilà un petit aperçu d'Emma Watson, prochaine égérie Lancôme, et de Daniel Radcliffe dans son prochain film "The Woman in Black". Des carrières post-Harry bien prometteuses!

mardi 5 juillet 2011

My little princess, ou la petite fille au porte-jarretelles

Difficile de croire que le film est tiré d'une histoire vraie, tellement le sujet est malsain. Et pourtant... Le film s'inspire de l'enfance de la réalisatrice et photographe Eva Ionesco.
Le pitch: Hannah, photographe, trouve en Violetta, sa fille, un modèle idéal pour ses photos. Très vite, la vie de Violetta bascule. De petite fille choyée par sa grand-mère, elle devient un objet manipulé par sa mère.

Ambiance sombre, relations tendues... Voilà le genre de film qui ne met pas forcément à l'aise. Le film mixe plusieurs sujets sensibles, de la pornographie enfantine au chantage affectif. Isabelle Huppert, que je ne porte pas forcément dans mon cœur, est plutôt convaincante dans le rôle de la mère hystérique, avec tous ses airs et ses manières. Anamaria Vartolomei, l'interprète de Violetta, est la jolie surprise du film, véritable Lolita, innocente, joueuse puis tourmentée par sa mère. Film-thérapie ou réinterprétation de sa vie? Dans tous les cas, la réalisatrice Eva Ionesco a réussi à faire un film troublant et coloré comme une peinture gothico-impressionniste. Saisissant et dérangeant à la fois.

dimanche 3 juillet 2011

Limitless, ou Brainspotting

Le pitch: Eddie Mora, un écrivain à la dérive, est en panne d'inspiration pour son prochain livre. Cerise sur le gâteau: sa copine vient de le quitter. Un jour, il tombe par hasard sur une vieille connaissance qui lui conseille d'avaler une petite pilule magique. Il l'essaie et son cerveau semble fonctionner au quart de tour. Son fournisseur est soudainement tué. Il comprend alors la valeur de la drogue et va très vite y devenir accro.
Je m'attendais à un film plus fou, plus délirant. L'intrigue est assez bien menée. Le thriller se révèle divertissant mais pas bien surprenant. La voix off, omniprésente, vient alourdir le scénario. Heureusement, le joli minois de Bradley Cooper permet de suivre facilement le tout. Au final, perplexité et légère frustration se font ressentir à la sortie du film, du fait d'une morale pas bien glorieuse.

dimanche 26 juin 2011

Omar m'a tuer, ou la constance d'un jardinier

Grâce à ce film réalisé par Roschdy Zem, j'ai découvert l'histoire d'Omar Raddad, que je ne connaissais que vaguement. L'histoire vraie d'Omar, un jardinier accusé d'avoir tué Ghislaine Marchal, chez qui il travaillait. Une accusation basée sur une seule inscription tracée sur un mur: "Omar m'a tuer". Le film retrace l'enquête menée par la police d'un côté et par Pierre-Emmanuel Vaugrenard de l'autre, un écrivain convaincu de l'innocence d'Omar Raddad.
Le film m'a littéralement bouleversée. On ne nous plonge pas dans les profondeurs de l'enquête. Il suffit d'un balayage en surface pour comprendre l'absurdité de ce jugement. Au hasard: comment fait-on pour écrire un texte droit sur un mur dans une pièce littéralement plongée dans le noir? Un scénario et une mise en scène pleins de pertinence. Sami Bouajila joue le rôle d'Omar Raddad avec sobriété. Un jeu juste et poignant, qui donne d'autant plus de valeur au personnage.

A ce jour, Omar Raddad est encore présumé coupable et ne peut toujours pas exercer le métier qu'il aime. Cet ancien jardinier réclamait encore en mai dernier la réouverture de l'enquête pour pouvoir enfin être reconnu innocent. En vain.

Beginners, ou l'amour pour les nuls

Je me suis beaucoup tâtée pour aller voir "Beginners". Pour la simple et bonne raison que j'ai une aversion profonde pour Mélanie Laurent. Et comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, j'avoue avoir plutôt bien aimé sa prestation dans "Beginners".
Le pitch: Oliver vient de perdre son père. Il remet alors tout en question et sombre dans une douce déprime. Jusqu'à sa rencontre avec Anna.
Le film raconte tout simplement le début d'une histoire d'amour. Après tout, on est tous des débutants quand on (re)commence à être en couple. Oliver et Anna, un peu gauches, un peu malheureux, tentent maladroitement d'être à deux. Voilà un joli film inspiré de la vie du réalisateur Mike Mills. Léger, drôle, touchant, simple. Les trois acteurs principaux, Ewan McGregor, Mélanie Laurent et Christopher Plummer dans le rôle du papa, ont su rester sobres et attendrissants. Une petite bulle de romance et de fraîcheur cinématographique. Parole d'une non fan de l'actrice principale!

Blue Valentine... "She sends me blue valentines all the way from Philadelphia to mark the anniversary of someone that I used to be"


Voilà un petit film qui n'a pas fait beaucoup parler de lui, malgré sa présence aux festivals de Cannes et de Sundance. Un film qui parle de Cindy et Dean, un couple en pleine crise qui tente de se retrouver le temps d'une nuit. Chacun se souvient de petits passages de leur histoire d'amour. Après plusieurs flashbacks, leur histoire est reconstituée, depuis leur rencontre jusqu'au mariage.
Un joli film sur le déchirement d'un couple. Rien de grandement remarquable. Juste un témoignage parmi d'autres. Joliment contrasté entre présent et passé, les images du film et le jeu des acteurs portent une belle nostalgie, triste et touchante à la fois. Le couple formé par Michelle Williams et Ryan Gosling fonctionne vraiment bien. En bref, un film joli et esthétique mais un brin morose.

dimanche 5 juin 2011

Le Complexe du Castor, ou le castor qui murmurait à l'oreille de l'homme

Quand Jodie Foster réalise un film, je réponds présente! "Le Complexe du Castor" est son 3e film et elle l'a joliment réalisé.
Le pitch : Walter est dépressif. Sa femme ne sait plus quoi faire pour lui et finit par le chasser de leur maison. C'est alors que Walter trouve une marionnette. Il va s'en servir pour exprimer tout ce qu'il n'arrive plus à dire. Cet alter-ego à poils, en l’occurrence un castor, va très vite l'aider et lui redonner confiance. Walter, via la marionnette, devient positif. Le dialogue avec sa famille et ses collègues reprend très vite. Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il n'arrive à s'exprimer qu'à travers son castor. Une situation qui devient impossible à vivre.
J'ai retrouvé dans ce film toute la tonalité dramatique du jeu de Mel Gibson que j'aime et qui me rappelle l'époque de "Forever Young"! Il faut dire que les acteurs dans le film sont dinguement bons, pleins de sincérité et de douce émotion. On retrouve entre autres Jennifer Lawrence, la jeune actrice découverte dans "Winter's Bone'. Seul bémol : le scénario file vite au mélo. Un peu trop de trémolos scénaristiques viennent du coup gâcher la justesse des acteurs. Malgré cela, le film reste émouvant et joli à regarder.