Quelques mots sur les dernières sorties des salles obscures...


lundi 9 janvier 2012

Take Shelter, ou Paranoiac Activity

Le pitch: Curtis LaForche, père de famille, mène une vie tranquille dans la campagne américaine. Il est soudainement hanté la nuit par de très violents cauchemars. Il cherche à se faire soigner mais est en même temps obsédé par une tornade qui, selon lui, va très vite arriver et tout dévaster.
Je pensais voir une nouvelle version de "Twister", plus penchée sur la psychologie des personnages que sur l'action et les sensations fortes. En réalité, le film se penche sur le profil psychologique de Curtis, le personnage principal. Michael Shannon est époustouflant dans le rôle de Curtis, presque possédé. On suit ses rêves, ses hallucinations et ses angoisses. Paranoïa, démence ou prémonition? Toute la question est là et on n'obtiendra malheureusement jamais vraiment de réponse. Un film préoccupant qui nous porte pendant deux heures pour finalement nous abandonner au milieu de la tempête.

samedi 7 janvier 2012

Anonymous, ou Shakespeare in Lie

"Anonymous" retrace la vie d'Edward de Vere, comte d'Oxford, montrant sa frustration à ne pas pouvoir vivre sa passion pour l’écriture sans le consentement de sa famille. Ce n'est qu'à travers une tierce personne qu'il pourra montrer au grand public ses œuvres théâtrales. Un certain William Shakespeare...
Roland Emmerich, grand maître de blockbusters indigestes, a réalisé ici un film beaucoup plus intellectuel avec habileté, finesse et dynamisme. Il nous expose ici une théorie selon laquelle Shakespeare ne serait pas l'auteur des pièces signées de son nom. Pas d'insinuation subtile, pas de demi-teinte. Shakespeare est présenté ici comme un imposteur, rien d'autre. De quoi se faire pas mal d'ennemis. Malgré tout, le récit est passionnant et même assez troublant. On en ressort intrigué. Dommage que le réalisateur n'ait pas laissé le spectateur se faire sa propre opinion en laissant le doute planer, étant donné que, même si cette théorie a toujours été évoquée, elle n'a jamais pu être prouvée. Une jolie réussite tout de même. Peut-être même le meilleur film de Mr Emmerich!

mercredi 4 janvier 2012

Les Crimes de Snowtown, ou comment Justin Kurzel nous fait oublier les beaux paysages austraux de Baz Luhrmann

Après avoir vu le très réussi film australien "Animal Kingdom", j'ai voulu voir si le film "Les Crimes de Snowtown" était tout aussi puissant et intense.
Le pitch: Jamie vit avec sa mère et ses frères dans un quartier australien où de nombreux abus sexuels ont lieu. John Bunting, le chef d'un gang qui cherche à faire justice dans le quartier, va bientôt débarquer dans la vie de cette famille et prendre Jamie sous son aile. Mais les actions qu'il mène vont très vite dégénérer. Jamie est alors entraîné avec John dans cette spirale infernale.
Malaise et dégoût. Voilà ce que j'ai essentiellement ressenti à la sortie de la séance. Le film retrace le parcours du plus grand tueur en série d'Australie. Le film se penche essentiellement sur la psychologie des personnages et sur leur environnement. L’ambiance est tellement glauque, malsaine et sordide qu'il est difficile de rester attentif à l'histoire. Et lorsque le film dure 2 heures, cela vire vite au supplice. Les acteurs sont justes, peut-être un peu trop. En bref, un film dur et terriblement réaliste. Une réalité vraiment pas belle à voir.

dimanche 1 janvier 2012

Killing Fields, ou deux flics à Texas City

Ami Canaan Mann, la fille de Michael Mann, a voulu suivre les traces de son papa, et ce assez habilement. Elle a réalisé ici un thriller policier assez efficace inspiré de faits réels, dans une ambiance moite et oppressante.
Le pitch: les inspecteurs Mike Souder et Brian Heigh enquêtent sur le meurtre d'une jeune fille dans un comté près de Texas City. Tout près, l'inspecteur Pam Stall doit faire face à une série de meurtres qui ont lieu sur un terrain baptisé 'Killing Fields'. Très vite, Brian va vouloir s'investir dans les deux enquêtes. Peut-être un peu trop.
Voilà un film sombre, qui ne donne pas bien envie de se balader dans les profondeurs des contrées texanes. Deux enquêtes se croisent et s'entremêlent intelligemment, en suivant un schéma assez classique d'enquête policière aux inspirations multiples. L'ambiance est pesante, presque sordide mais rudement efficace. Un univers particulier, soutenu par un casting solide, composé entre autres de Sam Worthington, Jeffrey Dean Morgan, Jessica Chastain et Chloe Moretz. En bref, Michael Mann peut se rassurer, sa fille prend la relève!

mercredi 28 décembre 2011

Des vents contraires, ou comment Olivier Adam est devenu l'auteur des "Portés Disparus" à la française

Pour son premier film, Jalil Lespert a voulu adapter un roman d'Olivier Adam, l'auteur de "Je vais bien, ne t'en fais pas". Étrangement, le récit est encore centré sur une disparition. Celle de Sarah. Paul, son mari, va alors devoir surmonter cet événement bouleversant seul avec ses deux enfants, sans comprendre comment ni pourquoi sa femme a disparu.
Jalil Lespert a réussi ici un joli long métrage. L’histoire est touchante, émouvante, saupoudrée d'une touche d'espoir. Malgré tout, la réalisation est assez classique, voire un peu trop, et pas si mémorable que ça. Le rythme et le jeu des acteurs sont assez irréguliers. Au final, difficile de rester insensible devant un scénario aussi déchirant, même si la réalisation a quelques défauts deci-delà.

lundi 26 décembre 2011

A Dangerous Method... Ego, Super-Ego and Id

Quand David Cronenberg se penche sur les débuts de la psychanalyse, cela m'intrigue.
Petit souci: je m'attendais à suivre la méthodologie de l'analyse d'une des premières patientes des Dr Freud et Jung, Sabrina Spielrein. Au final, le film est centré sur la relation épistolaire des deux professeurs et sur leurs discordes et désaccords. Pas très divertissant ni très trépidant. On ne voit que trois séances de psychanalyse avec la soit-disant malade, qui au bout de 20 minutes de film va déjà beaucoup mieux. Bref, un film sur la psychanalyse qui aurait pu être passionnant. Dommage que le réalisateur ait décidé de ne se pencher que sur la partie la moins intéressante. Un joli gâchis lorsque l'on sait que les excellents Viggo Mortensen et Michael Fassbender ont été réunis pour ce film.

samedi 24 décembre 2011

Carnage... Génial, mes parents disjonctent!

Adapté de la pièce de théâtre "Le Dieu du Carnage" écrite par Yasmina Reza, "Carnage" présente le pétage de câbles de deux couples, réunis pour régler une bagarre s'étant produite entre leurs fils de 11 ans. En effet, la conciliation tourne vite au règlement de comptes...
Roman Polanski a su mettre en scène un huis clos comique et sarcastique qui passerait presque trop vite, en mettant en scène 4 acteurs absolument époustouflants. De la pure performance d'acteurs, tellement épatante que l'on savoure chaque mot plus haut que le précédent, chaque provocation. Plus on avance, plus les tensions sont palpables et plus on s’approche de l'hystérie collective. Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz et John C. Reilly forment un quatuor de choc, en jouant des personnages aux travers d'abord bien cachés qui vont peu à peu se révéler. Une véritable montée en puissance. Un film délicieusement fou à ne pas rater.

Hugo Cabret, ou le Voyage dans la gare Montparnasse

Le pitch: Hugo Cabret est un orphelin, perdu dans le Paris des années 30. Il vit dans une gare et n'a, pour seul compagnon, qu'un automate qui appartenait à son père et qu'il ne sait pas comment faire fonctionner. C'est en rencontrant Isabelle qu'il va peut-être trouver la clé pour l'actionner.
J'espérais vraiment aller voir un pseudo "Harry Potter", en d'autres termes, un film plein de féérie et d'enchantement, de rebondissements et d'attendrissements, qui me fasse retomber en enfance le temps d'une séance. Bref, un vrai film de Noël. Au final, Martin Scorsese a réalisé un film un brin contemplatif, où l'on voit des gamins aux yeux écarquillés pendant deux heures qui ne passent malheureusement pas assez vite. Beaucoup plus de magie aurait pu être ajoutée à ce conte, tiré du livre de Brian Selznick. On se retrouve coincé devant une histoire tristoune et un brin lente, façon "La petite fille aux allumettes". Il est cependant bien vrai que les décors sont sublimes et que le jeu des deux jeunes acteurs principaux, Asa Butterfield et Chloe Moretz, est sobre et juste. Dommage que le rythme ne suive pas.

Oh my god!... "We want orgasmic equality"

Le pitch: dans l'Angleterre victorienne, le jeune médecin Mortimer Granville trouve une place auprès du Dr Dalrymple, qui soigne les femmes atteintes d'hystérie. Le traitement consiste à donner du plaisir aux femmes pour les soulager. Seul souci: le Dr Granville va vite se retrouver avec une crampe à la main et ne plus pouvoir soigner ses patientes. Il a alors l’idée lumineuse, avec un ami, de mettre au point un objet qui pourra faire le travail à sa place...
Voilà un petit film à l'humour bien anglais, léger et plein de dérision. La réalisatrice Tanya Wexler a choisi de présenter le sujet de la naissance du vibromasseur sous un angle totalement humoristique, en jouant sur le décalage entre la pudeur et les bonnes manières anglaises avec un sujet un peu plus croustillant. Ici, pas de grande réflexion métaphysique sur la condition de la femme et son droit au plaisir, juste un film divertissant et amené intelligemment. Charme british et répliques coquines font de "Oh my God!" un film modeste mais assez savoureux.

dimanche 11 décembre 2011

Shame, ou New-Yornication

Le pitch: Brandon, un new-yorkais trentenaire et solitaire, souffre d'une profonde addiction sexuelle qui l'handicape dans ses relations avec les autres. Quand sa soeur, Sissy, débarque chez lui, sa routine va être quelque peu bousculée.
La valeur du film "Shame" tient essentiellement à la performance exceptionnelle de Michael Fassbender. Cet acteur a quelque chose d'intense, de presque magnétique, parfaitement mis en valeur dans "Shame". Certaines scènes de sexe apparaissent comme une forme d'extériorisation mêlée à un profond désespoir. Des sentiments complexes retranscrits parfaitement à l'écran. Dommage que le réalisateur et scénariste Steve McQueen (II) n'ait pas développé un brin le scénario. On tourne en rond autour des deux personnages principaux, le frère et la sœur, sans vraiment recevoir de réponse. Un sentiment partagé donc, même si je reste à la fois troublée et impressionnée par le talent de Michael Fassbender.