Quelques mots sur les dernières sorties des salles obscures...


jeudi 6 août 2009

Joueuse, ou comment devenir une Reine aux Echecs

Le sujet du film m'a d'abord intriguée. Une femme de ménage se prend de passion pour les échecs? D'accord, and so what? Mais il s'agit de bien plus que cela.
Vélo-boulot-dodo. Voilà à quoi se résume la vie d'Hélène. Une routine où demain ressemble à aujourd'hui, et aujourd'hui à hier. Sans surprises. Sans plaisirs. En nettoyant une chambre dans l'hôtel où elle travaille, Hélène aperçoit un couple jouer aux échecs. Entre concentration et sensualité, elle observe, dans ce couple, un vrai moment de partage. Hélène est séduite. Pas seulement par les échecs, mais aussi par le fait de se retrouver, de ré-apprendre à se connaître, suivre ses désirs à travers cette nouvelle passion.
L'adaptation du livre de Bertina Heinrichs s'avère être un très beau film. C'est qu'il nous présenterait presque les échecs comme un jeu intense, et sensuel. On aimerait nous aussi faire glisser les pions sur l'échiquier. Sandrine Bonnaire joue merveilleusement bien cette femme qui se libère et, comme la Dame, prend le pouvoir et se décide à penser à elle avant les autres. Mais les échecs, c'est avant tout un jeu de patience, et l'évolution de l'histoire est tout de même assez lente. On se laisse malgré tout vite emporter par le jeu entre Sandrine Bonnaire et Kevin Kline.
Un film plein d'espoir ponctué au dénouement par cette jolie phrase: Quand on prend des risques, on peut perdre, quand on n'en prend pas, on perd toujours...

Une arnaque presque parfaite, ou comment vouloir se faire pièger par les frères Bloom

Bon j'avoue, je me suis un peu plantée sur ce coup-là. Sans lire le pitch du film, j'y suis allée toute persuadée qu'il s'agissait d'un remake de l'Arnaque. Oupsq! Raté, c'était pas du tout ça!
Stephen et Bloom, 2 frères, sont des escrocs professionnels. Bloom veut arrêter les arnaques et vivre sans avoir à jouer un rôle. Stephen lui propose une dernière grande escroquerie. La proie est une jeune milliardaire un peu déjantée, en manque d'occupations et d'émotions.
Je vous rassure tout de suite, le film est loin d'être une arnaque! Au programme: du comique parfois à la limite du burlesque et des personnages attachants. Les deux interprétations féminines sont tout particulièrement savoureuses, notamment la japonaise Rinko Kikuchi (déjà sourde et muette dans Babel), pour son rôle muet à la Chaplin au féminin. Le réalisateur, Rian Johnson, joue beaucoup sur les comiques de situation au 2nd plan, ce qui rend les images d'autant plus fameuses. Tout cela avec une belle lumière et un joli rythme.
Si vous voulez donc vous laisser agréablement prendre au piège par Mark Ruffalo et Adrien Brody, n'hésitez pas à suivre les frères Bloom dans cette petite aventure.

mardi 4 août 2009

Trailer : Alice in Wonderland, ou comment vous mettre l'eau à la bouche jusqu'à mars 2010

Je craque! Il fallait que je partage avec vous le trailer de l'adaptation d'Alice aux pays des merveilles tout juste sorti des studios de Tim Burton.
Pour les acteurs, vous reconnaîtrez Johnny Depp en Chapelier fou, Helena Bonham Carter avec une tête deux fois plus grosse que sa taille normale en Reine Rouge et dans le rôle d'Alice, Mia Wasikowska. Une petite qui a déjà fait ses preuves dans la saison 1 de la série In Treatment (une des patientes du psychologue interprété par Gabriel Byrne). Je vous recommande d'ailleurs cette série au concept intéressant.
Je vous laisse savourer le trailer ici... Courage, 6 mois à attendre...!

lundi 3 août 2009

Little New York, ou le guide du parfait Staten Islandais

Entre une semaine par-ci, un long weekend par-là, 2 semaines par-là-bas (coming soon...!) et le boulot, mon programme ciné de vacancière assidue devient compliqué à gérer. Surtout quand certains films se décident à sortir uniquement au Publicis Cinéma (aucun 'I love you man' n'est visé ici...). En ce début de semaine, je suis allée voir un film de gangsters: Little New York.
Parmie Tarzo, un des nombreux gangsters qui peuplent Staten Island, veut avoir le monopole du banditisme sur l'île. Sully, vidangeur de fosses septiques, aimerait assurer l'avenir de son futur bébé. Jasper, épicier sourd et muet, joue aux courses depuis 20 ans dans l'espoir de gagner. Ces 3 vies vont finalement se croiser dramatiquement.

Vous allez me dire "encore un film de gangsters!". Et oui, mais celui-là, même s'il ne révolutionne pas le cinéma, se laisse regarder tout seul. Les 3 morceaux de vie se suivent de façon très fluide et les personnages sont très bien interprétés. J'ai ainsi découvert qu'il suffisait qu'un personnage se ronge sans arrêt les ongles pour qu'il m'insupporte. J'ai parcontre trouvé Seymour Cassel dans le rôle de Jasper tout particulièrement touchant. L'ensemble se balance bien entre comédie et suspense. Et même si le dénouement a un côté tragique, il fait aussi un peu office de pied de nez aux vilains gangsters... Un bon divertissement donc.
Avis aux intéressés: pour ceux qui comptaient faire comme Parmie Tarzo au début du film, le record du monde d'apnée n'est aujourd'hui plus détenu par Tom Sietas mais par Stéphane Mifsud avec 11 minutes 35 secondes... bon courage!

mercredi 29 juillet 2009

Jusqu'à toi, ou comment tomber amoureux d'une valise

Les premières notes de piano du titre Mouthwash de Kate Nash résonnent... mince, aurais-je oublié d'éteindre mon lecteur mp3? Suis-je bête! C'est le film qui commence! Puis soudainement, le son est baissé maladroitement et une voix marmonne dans sa barbe... je maudis quelques secondes l'ingé son... Puis l'histoire démarre.
Chloé est une grande solitaire rêveuse. Jack est un grand maladroit blasé. Jack part à Paris. Chloé revient de Bruxelles. Leurs valises se perdent et Chloé se retrouve avec la valise de Jack... et finit par tomber amoureuse du propriétaire de la valise, sans même le connaître.
L'idée de cette comédie romantique est à la base plutôt bonne. Mais le scénario patauge un peu. Bien plus de poésie aurait pu s'en dégager, mais au lieu de cela, pas mal de lenteurs s'installent. Les personnages principaux sont à deux doigts de vous agacer... moi qui normalement adore Justin Bartha (j'avoue, je ne résiste pas longtemps aux bruns aux yeux bleus)... Car ils sont tous les deux dans leur coquille, et leur histoire n'est du coup plus touchante mais quasi incompréhensible. Les deux se laissent beaucoup influencés par leur entourage, des seconds personnages aux personnalités presque plus fortes que celles des principaux.
Le premier long métrage de Jennifer Devoldere aurait pu bien mieux se détacher des clichés, mais a plongé dedans malgré tout. Une déception donc. En compensation, je m'écoute Mouthwash à la sortie... et en entier!

mardi 28 juillet 2009

Là-haut, ou comment s'envoler avec une poignée de ballons tout là-haut

Mais comment font-ils? Comment fait Pixar pour toujours nous envoyer dans des univers ultra-créatifs et en même temps tellement proches de ce dont on rêvait enfant. Comme si l'équipe cherchait seulement à se faire plaisir et faire plaisir à son public, avec une technique toujours plus pointue et des histoires toujours plus amusantes et créatives (une série de courts métrages de Pixar est d'ailleurs en ce moment offerte sur le canal 991 pour tous les heureux détenteurs d'une neufbox).
Car la technique est irréprochable, dans les détails et la fluidité des mouvements. Entre réalité et imaginaire, on flotte, dans chaque animation Pixar, au milieu d'un rêve éveillé de gamin. Mais tout en gardant un humour piquant et touchant. Et tout en gardant un juste équilibre entre rire, action et émotion.
Donc forcément, quand on a adoré l'idée qu'une petite fille puisse faire peur à des monstres, qu'un robot tombe amoureux d'une petite robote, ou encore qu'une famille à l'apparence tranquille et ordinaire cache une famille de super héros en arrêt de travail, forcément, on adhère à l'idée qu'un papi réalise son rêve d'enfant et s'envole dans sa maison pour atteindre l'Amérique du sud... là où il a toujours voulu aller avec sa chère, tendre et regrettée Ellie...
Si vous aimez Pixar, vous adorerez Là-haut. C'est encore une merveille animée que le studio vient de réaliser! J'ai encore en tête l'image des milliers de ballons qui s'échappent du toit de la maison de Carl et j'en ai encore les yeux qui pétillent! Et c'est là que Pixar montre encore une fois son talent et son inspiration sans failles. C'est qu'ils arrivent à nous éblouir non seulement par une jolie histoire (mention spéciale pour la rétrospective amoureuse de Carl et Ellie durant les premières minutes du film), mais aussi par des images et des couleurs incroyables. Déjà dans Monsters Inc., j'avais envie de passer ma main dans la fourrure de Sulley. Ici, on aimerait juste voler au milieu de ce bouquet de ballons, touches de couleurs posées dans le bleu du ciel.
Merci donc à Pixar pour nous avoir donné ce grand moment de rêve et de poésie, et de toujours nous faire voyager là-haut... tout là-haut...

samedi 25 juillet 2009

The Young Victoria, ou comment une petite princesse devient une grande reine

Connaissez-vous Jean-Marc Vallée? Mais si, Jean-Marc Vallée, ce Canadien génial qui a déjà réalisé le génial C.R.A.Z.Y. Génial car je suis une grande amatrice de rock, et que la bande son est comblée de morceaux cultes, et une grande amatrice du jeune Marc-André Grondin, découvert dans ce film. Et bien c'est ce même Jean-Marc Vallée qui a réalisé Victoria. Bon, d'accord, vous allez me dire "mais dans la bande annonce, on a déjà compris tout le film". Et bien oui et non.
Pourquoi oui? Oui parce qu'il n'y a aucune grande surprise, tout banalement parce qu'il s'agit ici de l'histoire, la vraie, l'histoire historique avec un grand H, et que forcément, on connaît déjà les grandes lignes. Soit ici comment Victoria accède au trône, et comment elle vit ses premières années en tant que Reine d'Angleterre. Le scénario raconte en surface la vie de Victoria et se concentre essentiellement sur son histoire d'amour avec Albert. Pas de grand étonnement donc.
Pourquoi non?
Non parce que la réalisation et le montage sont excellents et uniques pour un film d'époque. Il y a un côté très dynamique dans le montage qui donne une empreinte moderne à l'ensemble. Et le réalisateur a voulu rajouter une pointe d'humour et de dérision dans les sons et les personnages. Vous noterez entre autres la mouche qui est présente à chaque plan où Sir John Conroy apparaît, accentuée d'un 'bzzzzz' persistant. Enfin, le couple Emily Blunt - Rupert Friend apporte une touche de fraîcheur et un relief supplémentaire de modernité. Grâce à un jeu impeccable, où romantisme et sincérité se croisent et se mêlent et offrent un résultat touchant.

Un joli film donc qui risque de chatouiller les cordes sensibles des plus fleurs bleues d'entre vous.

vendredi 24 juillet 2009

Rio, ligne 174... destination finale

Inspiré d'un fait réel qui a marqué le Brésil en juin 2000, le film nous amène dans ce fameux bus 174, où un jeune prit en otage tous les passagers. Les personnages, le contexte et le décor sont peu à peu plantés jusqu'à cette fin dramatique.
Alessandro est volé à sa mère par le chef d'une favela, alors qu'il n'est qu'un bébé. Sandro est dévasté suite à la mort de sa mère, tuée dans son bar par des pilleurs. Plusieurs années passent. Les chemins des deux garçons se croisent, alors qu'ils vivent seuls à Rio, entre vagabondage et banditisme. D'après eux, "L'argent ça ne se gagne pas, ça se prend". Tous les deux sont surnommés 'Alé'... Arrive alors la mère d'Alessandro, qui cherche son Alé depuis plusieurs années... Tout se complique quand les 2 jeunes se brouillent et que l'un décide de prendre la place de l'autre...

Même si tous les acteurs du film sont des non-professionnels, réalisme et sincérité s'en dégagent... d'où un résultat poignant et d'une grande violence. Violence non seulement par les images, mais aussi par le contexte douloureux des personnages et les conditions de vie cruelles de ces gamins des rues, livrés à eux-même, et où la loi du chacun pour soi l'emporte. Le dénouement du film dans le bus est brutal, et la claque en est d'autant plus cinglante.
Un sujet dans la veine de la Cité de Dieu (écrit d'ailleurs par le même scénariste Braulio Mantovani) dur et prenant. Âmes fragiles s'abstenir.

lundi 20 juillet 2009

Harry Potter and the Half-Blood Prince, ou comment voir grandir une poignée de jeunes acteurs en 6 films

Fidèle lectrice de la saga Harry Potter écrite par JK Rowling, mais toute aussi infidèle à la série de films qui s'en sont inspirés, je me souviens avoir dévoré les premiers tomes mais freiné la lecture à partir du tome 6. Pour le côté beaucoup plus obscur de l'histoire et des personnages et pour la lenteur de la narration. Du coup, j'ai été un peu plus curieuse d'aller voir à l'écran le tome qui m'avait fait de la résistance à la lecture.
Bonne surprise! Adaptation de qualité! Même si l'état d'esprit du livre est un peu perdu en route, notamment comment Harry Potter l'adolescent gère mal son statut d'Elu, et comment il exprime ses émotions en agressivité, c'est au profit d'un très bon divertissement. Le film est certainement plus noir que les précédents, mais il reste tout de même léger face à la lourdeur des tourments d'Harry Potter que l'on subit dans le livre. Les images et les effets sont étonnants. Le résultat est efficace, car pour une spectatrice qui a déjà lu le tome 7, je me suis surprise à penser : "Vivement le prochain!!" Enfin... les prochains, vu que le tome 7 a été tourné en 2 films.
Bravo donc à David Yates et aux acteurs qui ont bien grandi depuis 2001. Et plutôt bien! On comprend d'ailleurs pourquoi Burberry a choisi la jolie Emma Watson comme nouvelle egerie...

The Reader… lire ou ne pas lire, telle est la question

J’attendais beaucoup de The Reader. Peut-être pour l’Oscar de Kate Winslet, peut-être pour la finesse du jeu de Ralph Fiennes, peut-être pour le Billy Elliot adoré déjà réalisé par Stephen Daldry… Mélangez toutes ces raisons et vous obtiendrez une spectatrice fébrile, dans l’attente du début de la séance, toute impatiente après sa semaine de vacances (toute ressemblance avec une personne existante ne saurait être que fortuite…).
Et bien figurez-vous que je suis drôlement mitigée par le résultat.

1965 : Michael Berg, 15 ans, rencontre Hanna, 35 ans. Une passion débute, entre école de la chair et école littéraire. Avant le plaisir, Hanna veut que Michael lui fasse la lecture. Il la perd soudainement de vue et la revoit 10 ans plus tard... Pendant un procès jugeant d'anciennes gardiennes d'un camp de concentration. Hanna est au banc des accusés...

Le jeu de Kate Winslet est certes épatant, mais on savait déjà qu’elle était très bonne actrice, grâce notamment à ses rôles dans Eternal Sunshine of a Spotless Mind ou surtout dans Les Noces Rebelles. Seulement, le côté tragico-dramatique du film frôle le mélo un peu naïf. Peut-être parce que le sujet est traité à travers les yeux de ce jeune garçon, face à son premier amour, sa première passion? Ou peut-être est-ce à cause de la distance et de la fierté du personnage d'Hanna? Ou à cause de sa culpabilité ou pas lors du génocide? Pourtant l'histoire est gravement touchante. Mais le réalisateur a choisi de ne pas prendre parti quant à la position délicate d'Hanna, ce qui nous laisse entre deux eaux face à un sujet sensible.

J'aurai donc préféré Stephen Daldry dans la danse plutôt que dans les bouquins... A voir ce que cela donnera avec les comics dans son prochain film, actuellement en développement.