Quelques mots sur les dernières sorties des salles obscures...


jeudi 17 février 2011

Jewish Connection, ou comment devenir un dealer juif en 10 leçons

Ne jamais se laisser tenter par un film juste parce que l'on apprécie les acteurs qui jouent dedans! En voyant que Jesse Eisenberg et Justin Bartha jouaient dans "Jewish Connection", je me suis dit "pourquoi pas!". Erreur.
Le pitch: Dans les années 90, s'est créé un réseau de Juifs orthodoxes transportant de la drogue entre Amsterdam et New York. Sam Gold est embarqué dans ce trafic par son voisin Yosef et va très vite prendre goût à cet argent facile. Jusqu'à ce que sa famille apprenne la nature de son petit commerce et le renie. La culpabilité va alors finir par le ronger.
J'avoue n'être pas du tout rentrée dans le film, malgré les très bons acteurs qui portent le scénario et sauvent quelques séquences. Un scénario un brin lent, un peu bancal, des personnages pas très attachants. Mon plus grand regret: les deux univers mis en scène, d'un côté la famille religieuse et de l'autre les dealers sans scrupules, manquent cruellement de relief et d'originalité. En bref, un grand "bof", même si le réalisme du film, ponctué de sa touche d'humour, aurait pu faire bien plus d'effet.

dimanche 13 février 2011

Carancho, ou Collision

Les accidents de voiture sont la première cause de mortalité en Argentine et pas mal d'avocats, les 'caranchos', en font leur business, en corrompant police et assurances. Le réalisateur Pablo Trapero a voulu en faire un film.
Le pitch: Sosa est un 'carancho'. Un soir, alors qu'il cherche de nouveaux clients sur la route, il rencontre Lujan, une jeune médecin. Une histoire d'amour commence.
Voilà un petit film argentin assez violent mais plutôt intéressant. Le réalisateur a choisi de centrer son film autour d'un sujet assez noir, avec une histoire d'amour à la clé. Les deux acteurs principaux, Ricardo Darin et Martina Gusman, sont particulièrement touchants, se soutenant l'un l'autre tout le long du film. On y croit à ce joli couple! L'intrigue est assez rude et sombre, même si elle est illuminée par la fragilité et la justesse des deux acteurs principaux. Au final, le scénario arrive à mêler habilement social, suspense, drama et romance. Un film durement réaliste, mais qui sonne beau et vrai.

samedi 12 février 2011

Tron Legacy, ou Tron contre-attaque

Tron, ça vous dit quelque chose? Mais si, souvenez-vous de ce film qui a marqué l'univers des jeux vidéo en 1982. Personnellement, je le connaissais de nom, mais ne l'avais jamais vu. Histoire de me rattraper, et histoire de combler ma culture gaming, "Tron Legacy" je suis allée voir.
Le pitch: Le père de Sam Flynn, Kevin Flynn, un expert en nouvelles technologies, a disparu depuis près de 20 ans. Sam, à sa recherche, finit enfermé dans un espace virtuel et y retrouve son père. Il comprend alors pourquoi son père est resté coincé dans cet univers depuis tout ce temps et veut le convaincre d'en repartir.
Conclusion: Esthétiquement et musicalement, je dois avouer que le film est assez épatant, malgré moult préjugés anti grosses productions Disney. Quand on sait que Disney a mis Daft Punk aux commandes de la bande originale, je dis juste "respect!". Et le son fait son effet! L'esthétique de l'univers virtuel est assez bluffante, grâce aux jeux de lumières phosphorescentes sur fond noir. Malheureusement, le scénario pèche. Histoire assez classique, scènes de combat sans grand intérêt, personnages pas forcément très attachants. En bref, aucun frisson, aucune surprise. Dommage donc que le scénario ne soit pas à la hauteur de l'image et de la musique. Pour vous donner une idée, voilà un petit bout de rythme made in Daft Punk pour Tron.

mercredi 9 février 2011

Black Swan, ou le couac des cygnes

Voilà enfin le petit dernier de Darren Aronofsky. Après avoir vu et été bouleversée plus de 48 fois par "Requiem for a Dream", je pensais que le réalisateur serait un nouveau chouchou. Puis, de film en film, après "The Fountain" et "The Wrestler", en passant par son premier "Pi", je me suis rendue compte que la nomination était peut-être un peu précipitée. "Black Swan" allait-il remettre en jeu son titre de chouchou?
Le pitch: Nina, danseuse de ballet, se voit attribuer le rôle principal du "Lac des Cygnes", son rêve depuis toujours. Cygne noir, cygne blanc, elle est de plus en plus possédée par ce double rôle et s'enfonce dans une folie sombre.

Mon avis sur "Black Swan" est assez mitigé. D'un côté, le film possède une esthétique certaine, même si elle n'est pas aussi poussée que celle tant aimée de "Requiem for a Dream", un son travaillé à la perfection, une touche de fantastique et une Natalie Portman époustouflante, pour son jeu comme pour ses pas de danse. Le thriller monte assurément en puissance, dans une ambiance noire. D'un autre côté, le scénario ne m'a pas bien convaincue, ponctué de trop de caricatures, comme le duel très prévisible de la gentille contre la méchante. A l'écrit, la balance a l'air de pencher plutôt vers le côté positif, mais le scénario exagérément manichéen a un peu gâché mon plaisir. En bref, une pas si mauvaise surprise que ça, mais que je ne désignerai pas comme mon coup de cœur de début d'année. Darren Aronofosky est encore en ballotage pour sa nomination de chouchou...

dimanche 6 février 2011

Poupoupidou, ou certains l'aiment froid

Le pitch: David Rousseau, écrivain français, se retrouve à Mouthe, en pleine Franche-Comté, pour des raisons familiales. Au même moment, l'égérie du coin, Candice Lecœur, est retrouvée morte. La police conclut à un suicide. David n'y croit pas et décide de mener son enquête pour en faire son prochain roman.
Voilà un petit film français qui fait du bien. Pas de grande surprise ni de grand rebondissement, mais une enquête bien menée. Le réalisateur Gérald Hustache-Mathieu a su trouver un équilibre original dans le ton du film, entre douce ironie et légère dérision sur fond d'enquête policière, crime et passion. P
our une fois, Jean-Paul Rouve s'en tire bien. Le personnage de David Rousseau, un écrivain difficilement pris au sérieux, était idéal pour lui! Quant à Sophie Quinton, elle a su joliment jouer la carte de la douce naïveté, et rendre le parallèle avec Marilyn drôle mais plutôt réaliste. En bref, une comédie policière bien montée. J'avais entendu une critique qui parlait de "Poupoupidou" comme le "Fargo" français... Comparaison quasi approuvée, même si, selon moi, les Frères Coen restent inégalables.

samedi 5 février 2011

Le Discours d'un Roi... "Mon royaume pour une voix!"

"Le Discours d'un Roi" fait beaucoup parler de lui, même si, dans le film, Colin Firth n'est pas très bavard. Les problèmes d'élocution de son personnage lui auront tout de même valu un Golden Globe et peut-être bientôt un Oscar...
Le film dresse le portrait de George VI, devenu Roi d'Angleterre suite à l'abdication de son frère Edouard VIII. Avec le soutien de sa femme, George VI tente de soigner ses problèmes de bégaiement, et de combattre l'angoisse qui s'empare de lui dès qu'il doit s'exprimer en public. Il rencontre alors un thérapeute aux méthodes peu conventionnelles.
Il y a bel et bien de quoi faire un très joli discours sur le film! Colin Firth est admirable, mais aussi très bien entouré. Geoffrey Rush mérite tout autant d'éloges, ajoutant une note d'humour et de légèreté au film, et Helena Bonham Carter, une note de finesse et de bienveillance. Un film que l'on suit avec passion, mettant en scène le récit d'une belle amitié, sur fond historique. La tension est maintenue tout le long de l'intrigue, et l'on ressent la douleur et le mal-être de George VI à chaque mot prononcé. Le réalisateur Tom Hooper arrive à nous faire vibrer dans la scène finale du discours du Roi, sur fond de Symphonie n°7 de Beethoven. Mr Firth aura réussi à nous transmettre une bonne dose d'émotion en en disant peu. A voir s'il recevra le 27 février un Oscar vraiment mérité.

samedi 22 janvier 2011

Au-delà, ou la vérité est ailleurs

Après plusieurs feintes, Clint Eastwood, 80 ans, ne lâche toujours pas le cinéma. Il nous le prouve avec cette nouvelle réalisation.
Le film tourne autour de trois personnages qui ont chacun eu une relation avec l'au-delà. George, ouvrier américain, a un don de voyance qu'il vit comme une malédiction. Marie, journaliste française, a vécu une expérience de mort imminente après avoir été emportée par le tsunami en Thaïlande. Marcus, jeune garçon londonien, a perdu son frère jumeau lors d'un tragique accident et fait tout pour pouvoir reprendre contact avec lui. Les vies de ces trois personnages vont se croiser.
"Au-delà" est la preuve qu'il va falloir que Clint raccroche. Le film sonne faux. La construction du scénario est plutôt intelligente, voire émouvante. Mais Clint est définitivement passé du côté obscur des bons sentiments. Peut-être est-ce la direction des acteurs qui est trop peu précise, ou le scénario qui vire trop facilement au mélo, ou un peu des deux. Au final, le film est boiteux. J'avoue avoir tout de même été épatée par la première scène, où les effets visuels, développés par Michael Owens, rendent le tsunami spectaculaire et quasi réel. En bref, une déception. Prochain film de Clint prévu en 2011 avec Beyoncé... ça promet...

mercredi 19 janvier 2011

The Green Hornet, ou Inglorious Frelons

Je dois avouer que j'étais un brin réticente à l'annonce du "Frelon Vert" réalisé par Michel Gondry, le spécialiste des films en carton-pâte, à la "Be Kind Rewind", "La Science des rêves", ou encore, mon chouchou, "Eternal Sunshine of a Spotless Mind". Donc quand le roi du bricolage cinématographique, tout plein de simplicité et de poésie, réalise un blockbuster, ça fait forcément un peu peur.
Le film est une reprise de la fameuse série qui avait révélé Bruce Lee. L'histoire est celle de Brit Reid, un riche héritier, justicier à ses heures, accompagné de son partenaire Kato, un spécialiste des arts martiaux.
Plutôt drôle et assez ingénieux, The Green Hornet aurait pu frôler les fesses du très bon "Kick-Ass" s'il n'avait pas eu toutes ces longueurs scénaristiques. Dommage aussi que j'aie beaucoup de mal à supporter l'acteur Seth Rogen, l'interprète de Brit Reid. Un détail très personnel qui aura tout de même pas mal gâché mon plaisir. Mais j'ai été plutôt contente de revoir l'excellent Christoph Waltz, découvert dans "Inglorious Basterds". Il faut l'admettre, même si ce "Green Hornet" est un blockbuster, Michel Gondry a réussi à apporter une bonne dose de son esthétisme et de sa légèreté comique habituels. Un bon divertissement donc. Une dernière réclamation cependant... virez-nous ces films en 3D une bonne fois pour toute! Ici, cette dimension en plus n'aura pas été bien utile ni bien exploitée...

mercredi 12 janvier 2011

Incendies, ou How I met your father

Le pitch: Jeanne et Simon Marwan, deux jumeaux, viennent de perdre leur mère. A la lecture de son testament, ils apprennent qu'ils ont un frère et qu'ils doivent retrouver leur père et ce frère, afin de respecter les dernières volontés de leur mère. Jeanne part très vite au Moyen-Orient pour comprendre et respecter cette ultime requête. Elle découvre peu à peu le passé de sa mère, et se rend compte qu'elle ne connaissait presque rien d'elle.
Bouleversant. Un film qui prend aux tripes, et pas qu'à moitié. Tiré de la pièce du même nom de Wajdi Mouawad, le film, réalisé par le Québécois Denis Villeneuve, est construit de manière poignante. Dommage qu'à certains moments, les deux acteurs interprétant les jumeaux manquent légèrement de crédibilité. Mais la retenue de leurs jeux permet en même temps de mettre encore plus en lumière l'histoire de leur mère, Nawal Marwan, interprétée par la sublime Lubna Azabal.
L'intrigue se dénoue peu à peu, jusqu'au point final tragique du film. En bref, un film coup de poing, qui fera sans aucun doute partie de ma liste de coups de coeur 2011.

vendredi 7 janvier 2011

Somewhere, ou Lost in Frustration

Le pitch: Johnny Marco, acteur américain, partage sa vie entre conquêtes, sa fille Cleo, conférences de presse et lap dances sur commande dans sa chambre d'hôtel.
Voilà en gros comment je résumerais le film.
Je pensais voir un "Lost in Translation 2". Loupé. "Somewhere" apparaît comme un film assez vide. Sofia Coppola nous avait habitués à de la lenteur scénaristique, mais avait toujours réussi à la compenser par beaucoup d'esthétique. Dommage qu'ici l'esthétique ne soit pas au rendez-vous... On assiste à une semaine de la vie d'une star, une vie qui a l'air d'être à la fois bien confortable et bien ennuyante. Le personnage de Johnny Marco, interprété par Stephen Dorff, a l'air de vivre sa vie sans vraiment s'y intéresser. Et du coup le spectateur ne s'y intéresse plus trop non plus. Pas mal de guest stars, comme Benicio del Toro ou Aurélien Wiik, apparaissent dans le film comme des cheveux sur la soupe. Ellen Fanning est le seul petit souffle de fraîcheur du film. En bref, on ne saura pas trop si Sofia Coppola s'est inspirée de sa jeunesse d'enfant de star pour réaliser "Somewhere". Dans tous les cas, le film n'apporte rien à sa filmographie.