Quelques mots sur les dernières sorties des salles obscures...


mercredi 22 avril 2009

Dans la brume électrique, ou le blues du bayou

Ce que j'aime chez Bertrand Tavernier, c'est sa façon de capter les visages et expressions de ses personnages, et de planter toujours parfaitement un contexte fort à ses films, pour mieux suivre et comprendre les actions et réactions de chacun.
Bertrand Tavernier a décidé cette fois, après le Cambodge dans Holy Lola, de retracer une enquête policière en plein bayou cadien. Et avec Tommy Lee Jones qui plus est. Moi je dis pourquoi pas!
Et grâce à ce contexte si bien construit, grâce à la bande son, emplie de blues mélancolique, on est très vite dans l'ambiance. Même si ça n'avance peut-être parfois pas assez vite, cela va parfaitement au ton et à la moiteur du film. On sort de la séance comme Dave Robicheaux sort du marais. Un peu engourdi mais encore imprégné de cette atmosphère, un peu tendue, un peu cordiale, un peu langoureuse, un peu initiatique.
Un sujet attrayant, et un voyage intéressant à faire.
Un petit conseil malgré tout : gare aux moustiques!

lundi 20 avril 2009

Coco avant Chanel, applaudissements après émotions

Parce que l'équipe était là et qu'elle méritait tout plein tout plein de clappements de mains.
Et parce que rien ne me remue plus qu'un beau chagrin d'amour sur grand écran.
Déjà grâce à Audrey Tautou, splendissime en Gabrielle Chanel, petit bout de femme au caractère bien trempé. Elle a su incarner son audace, sa force et son ironie avec un naturel brillant.
Avec Coco avant Chanel, on comprend beaucoup de comment Coco, ou Mademoiselle, s'est construite, et est devenue ce grand personnage de la mode. Comment le bonheur et les entailles de l'amour l'ont bâtie.
Les dialogues sont tout aussi superbes, ciselés avec grande précision, comme un coup de ciseau dans une pièce de jersey...
Chaque réplique marque, pique, touche, empoigne.
Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de garder en mémoire certaines phrases, dont voici un avant-goût...
Coco : "Ce qui est intéressant dans l'amour, c'est faire l'amour. Dommage qu'il faille un type pour ça!"
Coco : "Ça fait quoi l'amour?" Emilienne : "Ça fait mal!"
Coco : "Des pauvres heureux! C'est bien une idée de riches!"
Cette version romancée de la vie 'pré-notoriété' de Gabrielle Chanel nous donne aussi les clés de la révolution que Mlle double C a créée : c'est en cherchant la simplicité et le confort que Chanel a réussi à faire de la femme une beauté dépouillée du superflu, mais en gardant toujours l'élégance.
Bravo donc à ce joli film. On attend maintenant de revoir très vite Audrey Tautou dans le prochain Salvadori, de voir Anne Fontaine réaliser un nouveau film à costumes, et de voir Chanel interprétée cette fois par l'allure sensuelle d'Anna Mouglalis dans Coco Chanel & Igor Stravinsky...

dimanche 19 avril 2009

Chéri... raison ou sentiments?

Avant de parler du film, un petit mot sur la salle où j'ai décidé d'aller mirer Chéri. Car j'ai choisi un cinéma assez surprenant construit par amour (ça tombe bien vu le sujet du film), autour de 1895, alors que les japonaiseries étaient à la mode, et réouvert au public depuis 2000. Monument historique avec cela! Car c'est une véritable pagode qui a été construite, d'où le nom de cet unique cinéma du très résidentiel 7e arrondissement: La Pagode. Deux salles s'y cachent, mais il faut plutôt y aller pour la salle 1.
Là pour le coup, j'étais en salle 2 pour voir Chéri.
Maître en la matière de films à costumes (on pense naturellement au splendide Liaisons dangereuses), Stephen Frears nous plonge en pleine Belle Époque à Paris et nous présente l'histoire de la courtisane, Léa de Lonval, dite 'Nounoune', qui arrive en fin de carrière, mais tombe amoureuse du jeune Fred Lepoux, dit 'Chéri'. La mère de Chéri veut malheureusement des petits-enfants, et par conséquent marier son fils à la jeune Edmée...
La précision et la justesse de la réalisation rendent l'ensemble du film extrêmement harmonieux. Un ton léger mais sincère, de très belles images, une excellente photographie (comme l'affiche l'annonçait), et un scénario qui tourne autour de deux problématiques : le destin s'arrête-t-il à un certain âge, et la raison a-t-elle sa place face à l'amour? Le dernier plan sur le visage triste et cerné de Michelle Pfeiffer est un des plus poignants du film, car on arrive à y lire bien plus qu'il n'est dit.
Ce roman de Colette est narré comme un conte, et délivre une conclusion qui conforte mes convictions romantiques.
Comme dirait Blaise Pascal, "Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point".
Raison ou sentiments? Cœur ou méninges? A méditer...

OSS 117: Rio ne répond plus, mais le public si!

Mon unique objectif en allant voir OSS 117 était de pouffer de rire pendant une bonne heure!
Mission accomplie!
Si vous avez vu et aimé 'Le Caire nid d'espions', vous aimerez 'Rio ne répond plus', sûr de sûr!
Ce nouveau volet est encore une bonne parodie des films d'espionnage des années 60-70, avec de nombreux clins d'œil (comme utiliser sa main de pare balles à chaque grosse fusillade, inspiré de James Bond...!). Je dois avouer qu'après avoir vu de vieux James Bond, je trouvais qu'OSS 117 n'était pas si exagéré que ça! Il manquait juste la dose d'humour et de dérision! Donc bravo à Jean Dujardin en Hubert Bonisseur de la Bath, personnage assez détestable par son arrogance et ses leçons de morale, mais tellement drôle en sauveur malgré lui.
En résumé, si vous aimez la danse et les Chinois, allez donc prendre une dose d'OSS 117 pour passer un bon moment de divertissement!

samedi 18 avril 2009

Rachel se marie, ou comment trouver de bonnes idées pour un discours de mariage

La séance commence mal... je m'explique : j'ai décidé de partir à l'aventure dans un cinéma où je ne vais jamais : le Mistral. Déjà, à l'entrée, on me déchire sauvagement mon ticket, ce qui fait que je rentre dans la salle avec un morceau de papier en bien mauvais état. Et ça, pour moi qui garde tous mes tickets de cinéma précieusement, c'est une malédiction... bref... arg...
On me fait donc entrer dans la salle 1 alors que le générique de fin de la séance précédente est encore diffusé sur l'écran... double arg...
Bon allez, la salle est grande...passons...C'est donc une demoiselle renfrognée qui s'installe dans la salle.
Et même si le sujet du film n'est pas franchement heureux (Kym sort de désintox pour le mariage de sa sœur Rachel, ce qui entraîne une grosse remise en question de la famille, et tout part un peu en sucette), le ton du film et le scénario sont splendides. Je suis comblée. On rentre tout de suite dans l'intimité de la famille, grâce à l'ultra sincérité des dialogues. L'idée de commencer par la répétition de la noce et d'entendre les discours de chaque invité au moment du repas en l'honneur des futurs mariés nous donne un peu l'impression de faire partie de cette grande famille. On comprend l'enjeu de chaque personnage, les fautes, les demandes ou manques (d'attention, d'amour, de liberté, de confiance) légitimes à chacun. On suit le déroulement des préparatifs un peu comme si on y était (grâce notamment à l'alternance avec quelques prises de vue à travers la caméra d'un des invités). Ce mariage devient une grande confession familiale. Un ton d'une belle justesse. Personne n'en fait trop ni pas assez.
J'en oublie mon ticket déchiré et fais presque un sourire au guichet! Un bravo donc au film! Et tous mes vœux de bonheur à Rachel!

vendredi 17 avril 2009

Un été italien aka Genova (à la recherche du traducteur des titres originaux...)

Je m'attendais, en allant voir Genova, à un beau drame, à la façon de la Chambre du fils. Un film qui vous fait couler le mascara le long des joues pendant 2 heures (caractéristique purement féminine, je l'admets).
Kelly et Mary ont un accident de voiture avec leur mère. Elle meurt. Les deux jeunes filles doivent alors affronter ce décès avec leur père, qui décide de les emmener en Italie pour s'éloigner, oublier.
Genova ne traite pas tellement de la douleur suite à la perte brutale de la mère, mais plutôt de comment chaque membre de cette famille blessée s'isole et fuit le deuil trop récent, chacun à sa manière.
Le film est touchant, par la retenue de Colin Firth, les regards mélancoliques, et l'ambiance romantique de l'Italie. Mais les personnages gardent une certaine distance avec le spectateur, et partager et ressentir l'émotion de l'histoire en devient compliqué. On garde le fil et on aimerait quand même que la famille arrive finalement à communiquer et interagir.
Un joli film donc, mais un brin plat, par rapport au drame annoncé..
Au final, pas une seule larme de versée...j'en suis presque déçue! Snif...

jeudi 16 avril 2009

Wendy et Lucy... chacun cherche son chien

Wendy part en Alaska avec Lucy, sa chienne. Pour trouver un nouveau travail, un nouveau chez soi, une nouvelle vie. Mais les galères s'accumulent et, alors que Wendy est arrêtée pour vol à l'étalage, Lucy va disparaître devant le supermarché où elle l'avait laissée.
Michelle Williams avec sa moue touchante, et ce petit quelque chose d'enfantin, émeut. Tout le film tourne autour de la recherche de Lucy et des malchances qui s'accumulent en l'espace de trois jours, entre la panne de voiture, le manque d'argent, une sœur et un beau-frère qui ne veulent pas l'écouter... juste l'écouter.
Le travelling au centre du film balayant les chiens enfermés dans la fourrière, alterné avec un travelling sur Wendy qui cherche Lucy parmi tous ces chiens, entre espoir et désespoir, fait ressortir la solitude de Wendy, et de combien, dans sa fuite vers l'Alaska, elle est désemparée. D'argent, d'attention, d'affection... Un beau mais triste portrait de la Désillusion avec un grand D.
J'avoue que même si le personnage de Wendy est touchant, j'ai été un peu déçue de la fin, en queue de poisson. Une fin où désillusion se transforme en résignation. De belles images mais qui laissent un goût amer à la sortie. Au moins, même si au final on ne sait pas si elle va atteindre ou non l'Alaska, elle ne se sera pas intoxiquée avec des graines... c'est déjà ça!

lundi 13 avril 2009

Ponyo sur la falaise, ou comment je suis redevenue une gamine prête à s'émerveiller devant un poussin...

... ou Ponyo elle-même!
Comme vous avez peut-être déjà compris, j'ai mes chouchous cinématographiques, et quand chouchous ils deviennent, fidèle je leur suis.
C'est le cas pour Hayao Miyazaki. Parce qu'il arrive à donner une âme à ses films d'animation, et parce qu'il arrive à créer des univers empreints de traditions et croyances japonaises, ce qui donne souvent quelque chose de magique, presque féérique à ses films...
Je m'étais passionnée pour Princesse Mononoke et le Voyage de Chihiro, je m'étais un peu moins accrochée au Château Ambulant, à Nausicâ ou à Kiki la petite sorcière.
Mais fidèle je suis, fidèle je reste. J'avais raison.
Ponyo sur la falaise se décroche un peu de ce qu'Hayao Miyazaki a fait dernièrement. Il est non seulement revenu à un film d'animation 100% dessiné manuellement, mais est revenu à une histoire plus simple, plus fraîche. L'histoire de Ponyo, petit être de la mer, qui, après avoir rencontré le petit garçon Sôsuke, aimerait devenir, elle aussi, un enfant.
Hayao Miyazaki voulait avant tout plaire et toucher les enfants. Mais il a tellement réussi à rendre l'histoire tendre, un peu naïve, mais toute pleine d'enchantement, que l'on se prend à s'attendrir devant Ponyo et Sôsuke. On sent que les dialogues ont été simplifiés au maximum pour rendre le film accessible à la plus large fourchette d'âges et de nationalités possible (pour dire, avec mon piètre niveau de Japonais, j'ai réussi à comprendre la moitié des dialogues en VO!!), et cela rend le film d'autant plus léger et attachant. Le travail des sons et des bruitages est brillant, et accentue le ton des scènes, notamment pour les situations plus comiques.
Donc partez vite rejoindre Ponyo sur sa falaise si vous voulez réveiller votre âme d'enfant et sortir avec des pétillements dans la tête.
Sur ce... Oyasuminasai !

samedi 4 avril 2009

The Wrestler, ou Mickey Rourke, le retour

He's back!
Même si ce n'est plus tout à fait le Mickey Rourke qui demandait à Kim Basinger de garder son chapeau, rien que son chapeau (cf avant-après à gauche)...
Mais attention, il est quand même devenu un néo héros du catch, qui s'arrache des agrafes de la peau avec ses ongles, rien qu'avec ses ongles...
Fascinée par Darren Aronofsky, véritable virtuose de l'image et du montage, je m'attendais, après Requiem for a Dream et The Fountain, à un nouveau chef d'œuvre esthétique. Raté...
Darren Aronofsky nous présente Randy 'The Ram', ancienne star du catch sur le retour, lâché peu à peu par sa santé, sa notoriété, sa fille... Une fin de carrière plutôt pénible à surmonter seul.
Le parallèle entre l'acteur et le personnage est évidemment poignant. Mais pas de quoi non plus en faire une salade composée...
Un peu déçue donc par The Wrestler.
J'ai quand même une conviction à la sortie du film : le catch, ça fait mal...!

Frost/Nixon, journalisme/politique, qui manipule qui?

Je ne suis pas une fan incontestée de Ron Howard. Je trouve son ton un peu sirupeux, son esprit assez manichéen (j'avais d'ailleurs eu de vagues nausées devant Un homme d'exception, Ed TV ou le Da Vinci Code). Même si j'avoue que, durant ma tendre enfance, j'ai dû voir environ 346 fois Splash, en rêvant d'être moi aussi un jour une sirène...!
Mais le sujet ici m'intéresse.
Années 70. David Frost, présentateur TV, veut obtenir, lors d'une interview, les confessions de Richard Nixon suite à sa démission à la Maison Blanche.
Le titre est très bien vu, car le parallèle entre les 2 personnages est omniprésent dans le montage du film. Et très bien fait. Le film est présenté comme un reportage et nous amène jusqu'à la fameuse interview, qui se déroule sur plusieurs jours. Ou plutôt jusqu'au duel, car il s'agit ici d'un duel, d'un combat. Plans rapprochés, on passe d'un adversaire à l'autre de plus en plus vite, suivant la tension du moment, comme une partie de ping pong. Tout l'enjeu est de déstabiliser l'autre, de prendre le dessus, dans la posture, le ton, l'expression du visage. Vient ensuite, ou pas, le contenu souhaité.
Au bout du compte, il n'y a pas vraiment de bon ou mauvais personnage, juste un gagnant et un perdant. Richard Nixon, aux allures d'escroc manipulateur au début, toujours entouré de sa suite, apparaît à la fin comme un Droopy résigné. Assez brutal comme revirement! Je dirai même un peu trop brutal...
Le film est quand même très bien construit et on se prend au jeu, à chaque interview, de vouloir intervenir, et se dresser sur sa chaise (mes plus plates excuses au spectateur assis derrière moi...), à l'affût de la moindre réaction des 2 personnages.
Je me réconcilie donc avec Ron Howard, et promis, je vais à nouveau rêver d'être une sirène!

vendredi 3 avril 2009

Gran Torino, ou comment Clint Eastwood n'a besoin de personne et ne reconnaît plus personne en Gran Torino

Alors ce message est en réponse à une commande spéciale (qui se reconnaîtra!).
Encore un film qui était attendu, et dont on attendait beaucoup.
Le résultat est surprenant. On oscille entre drame et burlesque, rire et larmes. Clint Eastwood a réussi à interpréter un vieil homme aigri, vous savez, ce genre de personne qui passe sa vie à observer ses voisins d'un air suspicieux, agressif et méprisant. Walt Kowalski, le personnage interprété par Clint Eastwood, vient de perdre sa femme, et se retrouve seul dans sa maison, au milieu d'une banlieue pas bien famée. Il est seul parce qu'on ne le comprend pas, mais aussi parce qu'il n'est pas franchement très abordable. Une bête un peu sauvage, un peu bornée et pas facilement apprivoisable, hantée par de vieux cauchemars de guerre. Jusqu'à ce que...
C'en est parfois drôle, et au fur et à mesure que le personnage évolue, s'ouvre aux autres et assume ses peurs, le film prend une empreinte plus dramatique. Le ton change peut-être un peu brutalement, mais cela aide à mieux comprendre l'évolution de Walt Kowalski.
La réalisation est toujours aussi précise et maîtrisée (je me suis toujours demandée comment Clint Eastwood arrivait à aussi bien gérer réalisation et jeu d'acteur en même temps...). Il y a peut-être un peu moins d'objectivité que dans ses films précédents, voire un côté un peu moralisateur, mais on est touché, et bien renversé par la fin.
Donc appuyez sur le starter, rien que pour Clint Eastwood, qui, à 78 ans, y va encore dans un train d'enfer.

jeudi 2 avril 2009

Harvey Milk, ou comment alimenter mon amour inconditionnel pour Sean Penn

Je l'attendais depuis 1 an ce film! 1 année entière!
Pour Sean Penn, pour James Franco, pour Emile Hirsch, et pour Gus Van Sant, bien évidemment.
Je me demandais justement, après la série de films contemplatifs de Gus Van Sant, ce que cette bio allait bien pouvoir donner. Car il nous avait habitués, avec Paranoid Park ou Elephant (je ne parlerai pas de Last Days, qui a été un grand traumatisme pour moi, dans le mauvais sens du terme...), à des films épurés, où les dialogues flottent et les images éblouissent. De l'expérimental, mais toujours esthétique, toujours saisissant.
Avec Harvey Milk, on reste esthétique, mais le scénario est plus nerveux, et bien plus bousculant.
La bio d'Harvey Milk donc, premier homosexuel à s'être engagé en politique, et à s'être battu pour l'intégration et la tolérance de la communauté gay aux USA dans les années 70.
Sean Penn, qui interprète Harvey Milk, nous prouve une fois de plus que c'est un acteur de génie (un génie tout court d'ailleurs), avec une interprétation juste, dans sa gestuelle, sa diction, ses expressions... bref une justesse qui rend son Oscar du meilleur acteur plus que légitime. Un scénario très bien mené, où l'on s'attache à l'histoire, aux personnages, à leur cause.
Bref, j'ai adoré, et mon amour Sean Pennien a depuis bien gonflé!

L'Enquête et Duplicity, ou comment vous emmêler les pinceaux entre 2 films avec Clive Owen...

J'ai eu la bonne idée de voir ces 2 films à une semaine d'intervalle, et j'avoue que du coup, je ne sais plus quel souvenir appartient à quel film. Ou plutôt, non, je rectifie, je ne me souviens plus du tout de l'un des deux...!!
Mauvais signe pour L'Enquête, car en l'occurrence, c'est de lui qu'il s'agit. Alors... L'Enquête... Et là je craque, je prends mon Première pour revoir le synopsis (vraiment mauvais signe...).
Ah mais oui bien sûr! L'histoire d'un complot, où une banque est vilaine parce qu'elle veut se faire des sous. Nan, allez, c'est moi la vilaine, parce qu'elle veut se faire des sous de manière pas nette du tout, la banque.
Bon, j'avoue, je n'ai pas réussi à me mettre dedans, même si ça démarre bien, même si Clive Owen joue bien le justicier ténébreux, et même si c'est bien filmé. L'enjeu de l'enquête se perd un peu, on ne sait même pas trop si l'on est surpris et satisfait ou pas par la fin.
Donc si vous voulez du Clive Owen, je conseillerai plutôt Duplicity, où l'on se prend moins au sérieux, où l'on est dans du vrai divertissement.
En plus en salle 10 du UGC des Halles, de quoi s'en mettre plein les yeux.
Une histoire de grosse arnaque menée par le couple assez savoureux, Julia Roberts-Clive Owen. A chaque nouveau maillon de l'histoire, on arrive à être surpris et à vouloir comprendre la suite.
Un bon moment donc en perspective.
Alors? Double Clive, Single Clive or not Clive?

Une famille brésilienne... pourquoi pas le Brésil?

Il y a des jours où vous avez envie d'ailleurs, d'être balloté loin de là où vous êtes. Pas de grande histoire d'amour mélo-tragique, pas de grand questionnement métaphysique, pas de grande fresque historique.
Non, juste un ailleurs, simple et sincère.
Si vous êtes ce jour-là, allez-voir Une famille brésilienne.
Walter Salles avait déjà réussi à m'amener dans cet ailleurs, avec Carnet de Voyage (un génialissime bravo au directeur de photographie Eric Gautier, qui a aussi travaillé avec Sean Penn pour Into the Wild).
Et voilà qu'il nous plonge au cœur d'une famille brésilienne, comme le titre ne l'indique pas.
Une mère et ses 4 fils, à l'aube du 5e...
Chaque personnage est dépeint : leurs traits de caractère, leurs rêves, leurs échecs. On les suit, les comprend... ou pas. Mais on est dedans, et on a envie d'y croire pour eux.
Une galerie de très beaux portraits, que je vous conseille d'aller explorer dans le plus proche cinéma.

Boy A by Girl L

Il y a parfois des affiches qui vous parlent.
Et ce garçon, tête rentrée dans sa capuche, m'a, d'entrée de jeu, touchée. Sa moue à peine perceptible peut-être?
Et ce garçon est bel et bien touchant. Le rôle de ce gamin qui n'a pas eu le temps de vivre, qui a grandi en prison, et qui est lâché dehors, craintif et fébrile, est magnifiquement interprété par Andrew Garfield.
La narration est certes un peu lente, et vous amène à quasi décrocher à certains moments, mais on ne regrette pas d'avoir passé quelques minutes sur des plans fixes. Car les plans sont beaux, coulent, cernent chaque moment, d'une caresse à un coup de poing, d'un sourire à un regard apeuré.
La tension monte, tout se passe un peu vite à la fin, mais tout se passe comme dans sa tête à lui. A tâtons au début, à la découverte de ce nouveau monde, puis un peu bousculé, à la découverte de nouvelles émotions, et enfin dans un grand débordement, pris dans un retournement soudain de situation.
Et au fur et à mesure que l'histoire avance, on comprend peu à peu, par flashback, ce qui lui est arrivé. On comprend surtout que la victime, c'est lui...
Vous l'aurez deviné... Girl L a aimé Boy A...

mercredi 1 avril 2009

Loin de la terre brûlée, ou un peu plus près du Mexique

Oui je l'avoue, je le dis haut et fort, j'aime le cinéma mexicain!
Alfonso Cuaron, Alejandro Gonzalez Iñarritu, Guillermo del Toro, Guillermo Arriaga, Gael Garcia Bernal...
Bref, je les aime.
Donc là encore, quand le scénariste d'Iñarritu passe derrière la caméra (décidément!), je fonce !
J'étais conditionnée à aimer le film, vu que j'adore les scénarios où les histoires se croisent et s'entremêlent, à la Babel ou Collision.
Et je n'ai pas été déçue. Belle construction, beaux personnages, une histoire d'amour au centre, douce et amère, la compréhension de l'histoire qui avance peu à peu et se dénoue juste après qu'on ait deviné le pourquoi du comment...
J'avoue, j'ai été séduite (tout aussi séduite par JD Pardo qui joue le jeune Santiago!).
Et pour bercer cette jolie harmonie, Hans Zimmer à la musique (qui a signé la splendide BO de Gladiator).
Seule petite déception : le dénouement. Sans tout vous révéler, je dois avouer que j'ai trouvé la fin un peu trop facile, comme si le scénariste n'avait pas su comment finir tout ça joyeusement, et nous entourlouper dans une série de flashback, comme un clip qui annonce le 'THE END' de façon un peu stylisée.
Mais bon, j'en sors quand même bien heureuse de ma séance et rêve de Mexique à la sortie...

Synecdoche, ou ma 'tite désillusion sur Charlie Kaufman...

Alors voilà, je voulais commencer ce blog par une note positive, un brin de gaieté dans un monde un peu gris.
Je suis donc allée dans une de mes salles préférées, car liée à de jolies émotions vécues là-bas : le Mk2 Hautefeuille.
Je me souviens entre autres de Requiem for a Dream, visionné là-bas lors de mes années lycée. Suite à cela, j'avais erré pendant une petite heure dans le quartier latin! Je passe les Donnie Darko, La soledad, La zona, bref des films qui m'ont toujours un peu émue, un peu marquée et dont je me souviens encore.
'Eternal sunshine of a spotless mind' comme 'Dans la peau de John Malkovitch' sont de ces films qui m'ont marquée, et qui ont fait grandir en moi un amour fou pour Charlie Kaufman, créatif farfelu, qui, on s'en doute, doit avoir un gros nœud de questionnement dans la tête...!
Sa jolie réflexion sur la mémoire m'avait particulièrement touchée.
Alors quand le scénariste passe derrière la caméra, je fonce.
Le moment post synecdoche est cependant assez difficile à décrire et pas franchement enthousiaste. On tourne pendant 2 heures autour du personnage principal Caden, metteur en scène qui a une peur folle de mourir, et du coup se concentre tellement sur ses problèmes qu'il en oublie le temps qui passe, les gens qui l'entourent. Et pour ne pas remuer le couteau, il se décide (ou le fait malgré lui?) à reproduire sa vie à travers sa pièce de théâtre.
On essaie donc de suivre le personnage pseudo paranoïo-hypocondrio-pasconfiantdutoutdutout-égocentrique, et on se perd un peu dans tous les personnages secondaires et leurs doublures. Le personnage ne nous émeut même plus.
J'en sors donc aussi peu confiante que Caden lui-même...
Charlie Kaufman a dit qu'il fallait un certain temps pour digérer ce film.
Je digère encore et vous préviendrai quand les sucs auront fait leur travail...